Prévention du VIH-Sida : comment prendre la PrEP ?

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 comment prendre la PrEP ?

La prophylaxie pré-exposition (PrEP) aide à prévenir une infection au VIH chez les personnes très exposées au virus. Ce traitement peut être prescrit par un médecin généraliste. Comment prendre le Truvada ou ses génériques ?

Définition : la PrEP, qu’est-ce que c’est ? est-ce efficace ?

Dans la stratégie de prévention et de lutte contre le VIH, on dispose depuis 2016 d’un outil particulièrement efficace pour réduire les risques d’infection : la prophylaxie pré-exposition ou PrEP (Truvada et génériques). Ce traitement, à condition de bien suivre la prescription, permet d’éviter de se contaminer dans 93 % des cas (étude réalisée par EPI-PHARE, le Groupement d’Intérêt Scientifique ANSM – Cnam, publiée en 2022, source 1).

La diffusion de la PrEP à toutes les catégories de population qui pourraient en bénéficier, notamment aux personnes en situation de précarité, reste pourtant encore limitée.

Il existe deux formes de PrEp :

  • la forme orale (comprimés), la plus ancienne, lancée en 2016 ;
  • la forme injectable, depuis février 2026.

Qui est concerné par le traitement pré-exposition au VIH ?

La PrEp s’adresse aux personnes qui sont fréquemment exposées au VIH, sans protection. Elle concerne donc toutes les personnes séronégatives (hommes, femmes, transgenres, hétérosexuelles, bi ou homosexuelles), qui multiplient les comportements à risque : rapports sexuels non protégés, partenaires multiples, ChemSex (sexe sous drogue), usage de drogues injectables, travailleurs et travailleuses du sexe…

Quelle différence avec le traitement d’urgence post-exposition ?

Il faut bien distinguer la PrEP d’un traitement post-exposition.

  • La PrEP s’adresse à des personnes qui ont fréquemment des comportements à risque de contamination au VIH.
  • Le traitement post-exposition concerne les personnes qui, ponctuellement, sont confrontées à un risque d’infection. Par exemple, après un oubli ou une rupture de préservatif. Dans ce cas, un service d’urgence ou un Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (la liste sur Sida Info Service) prescrit une trithérapie à prendre dans les 48 heures qui suivent le rapport sexuel à risque, le traitement étant ensuite poursuivi pendant un mois.

En quoi consiste la PrEP orale (comprimés) ?

Le traitement associe deux médicaments antirétroviraux : l’emtricitabine 245 mg et le ténofovir disoproxil 245 mg. Cette bithérapie est commercialisée sous le nom de Truvada et disponible également sous forme de génériques.

La PrEP peut se prendre selon deux schémas, en continu ou à la demande. En fonction de leur activité sexuelle et de leurs choix de vie, les « PrEPeurs » indiquent leur préférence pour un traitement à la demande ou en continu.

Pour elle, la PrEP est « plus qu’un comprimé. Prendre la PrEP ne veut pas dire faire n’importe quoi avec son corps ». Il faut souligner que le traitement ne protège que du VIH, pas d’autres infections sexuellement transmissibles (syphilis, gonocoque, chlamydia…), contre lesquelles le préservatif reste la seule barrière efficace.

Dans tous les cas (à la demande ou en continu), la première ordonnance est rédigée pour un mois. Elle est ensuite renouvelée tous les trois mois. Les comprimés doivent être pris de préférence à heure fixe, au moment d’un repas.

La PrEP en continu

On prend un comprimé tous les jours, pendant plusieurs mois ou plusieurs années, aussi longtemps que nécessaire. « La PrEP correspond à un moment dans la vie. Dès que sa vie sexuelle s’est stabilisée et que la personne ne prend plus de risques sexuels, elle peut arrêter le traitement », estime la Dre Jacomet. La bithérapie est pleinement efficace au bout de huit jours.

La PrEP à la demande

On prend deux comprimés entre 2 heures et 24 heures avant le rapport sexuel, un comprimé 24 heures après le premier comprimé, et un troisième comprimé 48 heures après.

Que faire en cas d’oubli ?

L’idéal est de prendre les comprimés à heure fixe. On tolère un décalage de deux heures maximum. En cas d’oubli, on prend le comprimé prévu dans les douze heures au maximum. Au-delà, on attend la prochaine prise sans doubler la dose. Si les oublis de PrEp se multiplient, il faut en parler à son médecin pour, éventuellement, revoir la stratégie.

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En quoi consiste la PrEP injectable ?

Depuis février 2026 est disponible en France le premier traitement de PrEP injectable et à longue durée d’action. Il s’agit du cabotégravir, commercialisé par le laboratoire ViiV Healthcare (filiale du britannique GSK) sous le nom commercial d’Apretude®. La posologie du cabotégravir est d’une injection intramusculaire tous les deux mois, avec une protection atteinte 7 jours après la première injection.

La PrEP, c’est aussi l’occasion de faire le point sur sa santé sexuelle, de pratiquer les dépistages de l’ensemble des infections sexuellement transmissibles, de mettre ses vaccinations à jour (hépatites A et B, papillomavirus ou HPV) et de traiter ses éventuelles addictions. Les médecins prescripteurs travaillent en réseau avec des sexologues, des addictologues et d’autres professionnels de santé qui peuvent être d’une aide précieuse.

Quelles sont les contre-indications ?

La PrEP est contre-indiquée chez toute personne infectée par le VIH. « On risque d’induire dans ce cas une résistance du VIH aux médicaments antirétroviraux. C’est pourquoi un test sérologique est réalisé le jour de l’instauration du traitement et renouvelé tous les trois mois, pour vérifier que la personne n’est pas séropositive », explique la docteure Jacomet.

La PrEP à la demande ne peut pas être proposée aux femmes, pour des raisons hormonales. « Pour obtenir une prévention efficace contre le VIH, il faut une imprégnation suffisante des muqueuses, ce qui nécessite au moins sept jours de traitement », souligne l’infectiologue. En revanche, la PrEP en continu est tout à fait possible, même chez une femme enceinte ou sous contraception hormonale.

Le schéma « à la demande » ne convient pas non plus aux patients porteurs du virus de l’hépatite B, l’arrêt brutal du traitement pouvant exacerber la maladie. Mais une PrEP en continu peut être prescrite. Pour vérifier le statut de la personne, un test sanguin de l’hépatite B est réalisé avant la première prescription de PrEP. « Bien sûr, une prise en charge spécifique est proposée conjointement aux patients porteurs d’une hépatite B chronique et une vaccination à ceux qui n’ont pas d’immunité protectrice », précise la docteure Jacomet.

La PrEP injectable (cabotégravir) est déconseillée aux femmes enceintes et aux femmes en âge de procréer en raison d’un risque de malformation du tube neural (spina bifida).

Enfin, l’insuffisance rénale est une contre-indication pour toutes les formes de PrEP. Un bilan rénal (dosage de la créatinine) est réalisé à partir d’une prise de sang lors de la première prescription, puis contrôlé ensuite tous les trois mois.

PrEP VIH : quels effets secondaires ?

La PrEP peut altérer le fonctionnement du rein. C’est la raison pour laquelle des dosages sanguins permettant d’évaluer la fonction rénale sont réalisés tous les trois mois. Pour protéger les reins, il est également conseillé d’éviter les traitements anti-inflammatoires prolongés et les régimes alimentaires hyperprotidiques.

Le lactose utilisé comme excipient dans certains comprimés peut engendrer, chez les personnes intolérantes, des effets secondaires comme des maux de tête, des nausées, des diarrhées ou des douleurs abdominales. Heureusement, parmi les différents génériques de PrEP, certains n’en contiennent pas.

Qui peut prescrire la PrEP ? Est-elle remboursée ? Quel prix en France ?

Tout médecin généraliste peut prescrire la PrEP, à condition d’avoir suivi une formation spécifique sur la plateforme FormaPrEP. « Le généraliste est désormais au centre du dispositif de prévention contre le VIH », estime la docteure Jacomet.

Pour bénéficier de la PrEP, on peut aussi s’adresser à un service hospitalier spécialisé ou, plus simplement frapper à la porte d’un Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) dont la liste est disponible sur Sida Info Service ou au 0 800 840 800 (appel gratuit).

La Sécurité sociale prend le traitement en charge à 100 %, qu’il s‘agisse de la forme orale ou de la forme injectable.

Quel suivi médical quand on est sous PrEP ?

Des consultations médicales sont nécessaires tous les trois mois pour, avant de renouveler l’ordonnance, faire un bilan sérologique (test VIH Elisa), un bilan rénal et un dépistage des IST (infections sexuellement transmissibles). « Ce suivi médical est très important car, pour prendre correctement la PrEP, il faut être bien secondé par son médecin », remarque la docteure Jacomet.

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Quels soutiens pour les PrEPeurs ?

L’association Aides a monté un groupe d’entraide sur Facebook : PrEP Dial. Elle a également créé un site internet dédié : PrEP Info.

Des applis pour smartphone aident aussi à ne pas oublier ses médicaments : My PrEP ou AT PrEP de l’association Action Traitement.

Comment arrêter la PrEP ?

Dans ses recommandations publiées en avril 2021, la Haute autorité de santé (HAS) indique la marche à suivre pour arrêter une PrEp prise en continu. Selon la HAS, il faut continuer à prendre un comprimé par jour pendant les sept jours qui suivent le dernier rapport sexuel, avant d’interrompre le traitement. Elle recommande également de ne jamais arrêter brutalement le traitement lorsqu’on est porteur du virus de l’hépatite B. Il existe, en effet, un risque d’hépatite sévère.

Dans tous les cas, l’arrêt de la PrEP signifie qu’il va falloir continuer à se protéger du VIH, notamment en n’oubliant pas le préservatif.

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