Un composant des huiles essentielles pourrait endommager l'ADN selon une étude

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Flacon d'huile essentielle sur fond de feuilles de basilic et fleurs blanches. © Madeleine_Steinbach/Getty Images

Une étude scientifique met en évidence la dangerosité potentielle pour l’ADN d’un composé présent dans plusieurs huiles essentielles.

C’est un composé qui est naturellement présent dans certaines huiles essentielles, notamment de basilic, d’estragon, de noix de muscade ou encore de fenouil. Le méthyleugénol, aussi noté méthyl eugénol, serait nocif pour notre ADN lorsqu’il est ingéré via l’alimentation. En effet, une fois dans l’organisme, il peut être transformé dans le foie en une forme dite réactive, qui pourrait altérer le génome (ou ADN).

Le méthyleugénol bloque un mécanisme clé

« Ces adduits d’ADN dérivés du méthyleugénol ont déjà été détectés dans des tissus hépatiques humains », a expliqué dans un communiqué (source 1) le professeur Jörg Fahrer, du département de chimie et de toxicologie alimentaires de l’université RPTU de Kaiserslautern-Landau (Allemagne).

Dans une étude scientifique consacrée à ce composé des huiles essentielles, parue dans la revue Cell Death & Disease (source 2), les chercheurs se sont intéressés aux mécanismes de réparation de ces lésions de l’ADN liées au méthyleugénol. Car on en sait encore peu sur les capacités des cellules humaines à réparer ces lésions de l’ADN.

Ici, l’équipe a démontré que le méthyleugénol bloque un mécanisme clé, consistant à transcrire l’ADN en ARN messager, une étape cruciale de biologie cellulaire puisqu’elle permet la production de protéines dans nos cellules. En d’autres termes, les dommages causés par le méthyleugénol perturbent le fonctionnement d’une enzyme essentielle à la lecture de l’ADN dans la cellule, ce qui déclenche un mécanisme de réparation.

Des personnes d’autant plus vulnérables

Les scientifiques se sont ensuite intéressés à une pathologie en particulier, le syndrome de Cockayne, une maladie génétique rare, qui entraîne, chez les personnes atteintes, un vieillissement prématuré, une dégénérescence du système nerveux et un dysfonctionnement d’organes internes, comme le foie.

Les personnes atteintes de ce syndrome seraient encore plus vulnérables face au méthyleugénol présent dans certaines plantes et huiles essentielles issues de ces plantes. « Chez ces personnes, la consommation régulière de plantes contenant du méthyleugénol, telles que le basilic, pourrait entraîner une accumulation importante de lésions de l’ADN et, par conséquent, un dysfonctionnement hépatique », préviennent les scientifiques dans leur communiqué.

En poursuivant leurs recherches sur ce sujet, les chercheurs espèrent élucider les mécanismes de toxicité sous-jacents concernant ce composé, afin de garantir la sécurité des produits alimentaires et médicaments qui en contiennent.

Notons que la réglementation européenne considère bien la toxicité systémique du méthyleugénol. Mais du fait qu’il est toujours présent naturellement dans certaines herbes aromatiques et épices, elle l’autorise tout de même dans plusieurs types de produits de beauté, à condition qu’il soit présent à des concentrations très faibles (inférieures à 0,01 % dans les parfums, à 0,004 % dans les eaux de toilette, à 0,002 % dans les crèmes parfumées ; à 0,0002 % dans les autres produits sans rinçage et produits bucco-dentaires et inférieurs à 0,001 % dans les produits à rincer).

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