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Des prix attractifs, une revente à surveiller
Publié le 02/06/26 à 17h10
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Une voiture électrique de trois ans qui ne vaut plus que 38 % de son prix neuf, des valeurs résiduelles chinoises qui chutent deux fois plus vite que la moyenne du marché... Les données de revente s'accumulent en Europe, et elles racontent une histoire que le prix catalogue ne dit pas.
© Emir Hankaramuk - MG fait partie des marques chinoises les plus vendues en Europe. La question de la valeur résiduelle se pose dès la remise des clés.
BYD, MG, Leapmotor, et bientôt Xiaomi, qui fait un carton en Chine : depuis deux ans, les constructeurs chinois grignotent des parts de marché en Europe à coups de tarifs serrés et d'équipements généreux. Pourtant, une réalité moins flatteuse émerge des données de revente.
En Allemagne, la décote chinoise accélère
Selon le DAT, l'organisme de référence pour la cotation automobile outre-Rhin, les valeurs résiduelles des VE et hybrides rechargeables chinois ont reculé du double par rapport au déclin global du marché. Les marques chinoises pèsent encore moins de 1 % des annonces d'occasion en Allemagne, mais le volume a presque triplé depuis 2022, sans que la demande suive.
Martin Weiss, responsable des évaluations chez DAT, prévient qu'un bon produit ne suffit pas : pièces détachées, réseau de distribution, service après-vente doivent suivre pour inspirer confiance aux acheteurs d'occasion. Or cette confiance reste fragile : d'après une enquête DAT, près de la moitié des consommateurs allemands estiment que plusieurs marques chinoises pourraient quitter le marché européen d'ici cinq ans.
Un visiteur examine le Li Auto L8 sur un point de vente en Chine. En Europe, la confiance des acheteurs d'occasion envers ces marques reste à construire. © Shutterstock
Les loueurs sont les premiers à en subir les conséquences. Christian Schüssler, d'Arval Allemagne, décrit l'écart de valeur résiduelle comme “un problème fondamentalement lié à la confiance”. Certaines sociétés de leasing exigent désormais des compensations avant même d'intégrer des modèles chinois à leur flotte, rapporte Automotive News Europe. Bart Beckers, directeur général adjoint d'Arval, reconnaît que le loueur a déjà été “contraint de relever ses tarifs” à cause des valeurs résiduelles plus faibles que prévu.
Un problème structurel qui dépasse les seules marques chinoises
La pression touche l'ensemble du segment électrique. Les valeurs résiduelles des VE en Europe ont atteint un pic en octobre 2022 avant d'entamer une glissade continue, accélérée par les baisses de prix successives de Tesla.
Les données Indicata, reprises par le Financial Times, confirment l'ampleur du phénomène outre-Manche : un VE de trois ans, toutes marques confondues, ne conserve en moyenne que 38 % de sa valeur d'origine, contre 45 % pour un modèle essence et 51 % pour un hybride. En Allemagne, en France et en Espagne, la rétention moyenne des VE se maintient autour de 46 %.
Le BYD Dolphin, l'un des modèles chinois les plus vendus en Europe, affiché en salon comme champion mondial des ventes de véhicules électriques. © Tinhk Huong
Le rythme effréné de renouvellement des gammes chinoises aggrave la mécanique : un modèle peut se retrouver éclipsé quelques mois après sa sortie par un successeur plus performant. À cela s'ajoute la dépendance de ces constructeurs aux flottes de location et aux auto-immatriculations, qui alimente le marché de l'occasion en véhicules quasi neufs à historique d'entretien souvent maigre.
Pour les acheteurs français, le calcul mérite d'intégrer ces données. Le coût total de possession sur trois ou quatre ans dépend autant de la décote que du prix affiché en concession.
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