Anthropic va élargir à quelque 150 organisations supplémentaires issues de plus de 15 pays de l’accès à son modèle d’intelligence artificielle (IA) Mythos, présenté comme sans précédent pour mettre à jour des failles de cybersécurité.
Début avril, la start-up californienne avait décidé de restreindre la diffusion de ce modèle, après que Mythos avait identifié, en phase de test, des milliers de vulnérabilités informatiques.
Initialement, environ 50 partenaires, quasi tous américains pour la dizaine dont les noms avaient été publiés, avaient été associés au projet, appelé Glasswing.
Y figuraient notamment les spécialistes de cybersécurité CrowdStrike et Palo Alto Networks, mais aussi Amazon, Google, Nvidia, Apple, Microsoft.
Plus de 10 000 points de faiblesse détectées
Fin mai, Anthropic a rapporté que cette collaboration avait mené à la détection de plus de 10 000 points de faiblesse « d’importance haute ou cruciale dans les programmes les plus sensibles au monde ».
Les nouvelles entités ajoutées à la liste sont issues d’un peu plus de 15 pays, selon un communiqué publié mardi, mais « fournissent, pour la plupart, des infrastructures (logicielles) essentielles » à « bien d’autres » nations.
Selon Anthropic, une cyberattaque sur l’un de ces partenaires « pourrait toucher plus de 100 millions de personnes, avec des ramifications importantes pour la sécurité nationale (de leur pays) et mondiale ».
Outre le spectre géographique, qu’Anthropic prévoit d’augmenter encore davantage à l’avenir, l’entreprise a aussi cherché à couvrir « plusieurs industries qui n’étaient pas bien représentées dans le groupe de départ ».
Elles comprennent les secteurs de l’énergie, de l’eau, de la santé, des communications et des équipements.
Sollicité par l’AFP, Anthropic s’est refusé à communiquer la liste des nouveaux partenaires. Une source proche du dossier a indiqué qu’elle comprenait des entreprises françaises.
Le gouvernement américain a lui aussi testé le modèle
La présentation du projet Glasswing avait suscité des critiques quant à la stratégie d’Anthropic, accusé par certains de dramatiser la situation et de faire un coup de communication.
Mais depuis, plusieurs entreprises qui ont eu accès à Mythos ont confirmé ses capacités. Initialement réticent car en contentieux avec Anthropic, le gouvernement américain a lui aussi testé le modèle.
Certains font le lien entre cet épisode et un changement de cap de l’administration Trump, qui a annoncé, début mai, des accords avec Google, Microsoft et xAI prévoyant l’évaluation de leurs modèles d’IA avant commercialisation.
Donald Trump a d’ailleurs signé ce mardi un décret très attendu qui institue un encadrement souple de l’intelligence artificielle, avec un contrôle facultatif par le gouvernement des modèles les plus avancés. Le texte prévoit le développement d’un cadre « sur la base du volontariat » avec les entreprises de l’IA, qui pourront soumettre leurs modèles de pointe à un examen par le gouvernement, cela avant leur sortie.
Lundi, un porte-parole de la Commission européenne a confirmé à l’AFP qu’Anthropic avait proposé à l’Agence européenne pour la cybersécurité, l’ENISA, de rejoindre le programme Glasswing.












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