«Aujourd’hui, les gens suivent une tendance» : le succès des hymnes de supporters créés par l'IA pour la Coupe du monde 2026

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La coupe du monde de football va débuter dans 10 jours et se déroulera en Amérique du Nord. (Image d’illustration)

La coupe du monde de football va débuter dans 10 jours et se déroulera en Amérique du Nord. (Image d’illustration) ADOBE STOCK

Ces mélodies simples sont largement relayées sur les réseaux sociaux par les fans des différentes nations, malgré quelques erreurs dans les textes.

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À moins de dix jours du Mondial de foot, des hymnes de supporters générés par l'intelligence artificielle ont envahi les réseaux sociaux: produites à la chaîne, ces chansons cumulent des millions d'écoutes et illustrent l'irruption grandissante de l'IA dans l'industrie musicale. Ces morceaux créés par des fans soulèvent des questions sur la propriété artistique, la rémunération des artistes et la valeur de la créativité humaine, selon plusieurs experts.

Mais la plupart des internautes ne semblent pas s'en préoccuper: sur les réseaux, ils sont nombreux à affirmer préférer ces chansons générées par IA à l'hymne officiel commandé par la Fifa aux musiciens Jelly Roll et Carin Leon. Et malgré la sortie du titre «Dai Dai» de Shakira, autre chanson choisie par l'instance mondiale, les chants de supporters captent toujours autant l'attention en ligne.

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La tendance semble avoir débuté en février avec une chanson dédiée à l'équipe de France, «Imbattables», créée par Crystalo, qui se présente sur Spotify comme le «premier créateur musical IA» français. Le morceau s'ouvre sur une série de noms scandés en chœur, parmi lesquels celui de Kylian Mbappé et d'autres stars des Bleus. Puis un hymne brésilien est sorti, reprenant une formule similaire basée sur les noms des joueurs et une mélodie virale. Son producteur, Guilherme Maia, alias M4IA, explique avoir créé le morceau en assemblant différents éléments conçus avec l'aide de l'intelligence artificielle.

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Incohérences et erreurs

À suivi toute une déclinaison de chansons suivant chacune cette même recette gagnante. «Aujourd'hui, les gens suivent une tendance ou cherchent à recréer une émotion», explique Guilherme Maia, qui rappelle que l'imitation artistique a toujours existé. Le producteur insiste sur le fait qu'il a conçu son morceau lui-même et a seulement utilisé l'IA comme un assistant pour produire certains éléments. «En musique, les règles sont claires. On ne peut pas simplement copier le travail de quelqu'un d'autre ou utiliser des échantillons sans autorisation, même si l'IA est impliquée», ajoute le musicien. Mais pour Jason Palamara, spécialiste des technologies musicales à l'Université de l'Indiana, les modèles actuels manquent de transparence concernant la manière dont les artistes sont crédités lorsque leurs œuvres protégées servent à entraîner les systèmes d'IA. «Tout cela doit bien venir de quelque part», souligne-t-il.

Les incohérences parfois visibles dans les images générées par IA se retrouvent également dans la musique produite avec cette technologie. Ainsi, une chanson de supporters pour le Portugal est interprétée avec un accent brésilien, tandis qu'une version colombienne prononce le nom de James Rodriguez à l'anglaise plutôt qu'à l'espagnol. Selon Jason Palamara, la musique générée par IA peut également manquer de complexité. «C'est un produit compact, plutôt qu'une œuvre composée de multiples pistes et textures», explique-t-il.

Pour Morgan Hayduk, cofondateur de l'entreprise Beatdapp spécialisée dans la détection de fraude musicale, les auditeurs séduits par ces chansons «ne se soucient tout simplement pas» de sophistication artistique. Selon lui, les chansons simples et immédiatement mémorisables, destinées à être reprises dans les stades ou utilisées dans des publicités, constituent un terrain particulièrement favorable à cette technologie. Dans ce contexte, «comprendre ce qui se cache derrière ces productions, comme une chanson de supporters pour la Coupe du monde, est un cap difficile que l'industrie musicale va devoir franchir.»

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