Tout le monde aime circuler sur une route bien goudronnée, mais personne n’a envie d’avoir une usine de bitume à quelques encablures de chez soi. C’est ce qui ressort régulièrement des consultations publiques obligatoirement ouvertes lorsqu’un tel projet voit le jour. Et c’est le cas à Puisieulx, Saint-Léonard et Taissy, des communes limitrophes de Reims.
Alors que l’enquête s’est terminée jeudi 28 mai, 150 observations ont été enregistrées, émanant de citoyens, de collectifs ou d’élus opposés au projet porté par Vinci Construction. Le groupe a déposé un permis de construire afin d’exploiter une usine d’enrobés à chaud et à froid sur un terrain de quatre hectares, dans la zone industrielle de La Pompelle, aux confins des trois villages en question.
Les bitumes serviraient à l’agence Eurovia, qui réalise actuellement des travaux de voirie pour des clients publics et privés dans un rayon d’environ 50 km autour de Reims. Vinci met en avant « un bilan carbone amélioré par rapport à la situation actuelle » grâce à « une nette diminution des kilomètres parcourus pour la livraison des enrobés, puisque le lieu de fabrication sera proche des chantiers », ainsi qu’un équipement neuf qui permettra de « réduire les besoins en énergie et en matériaux ».
Car le projet serait voisin d’une installation existante, en fonctionnement depuis des décennies : la centrale d’enrobage ERCAR. Face à l’inquiétude des riverains, le maire de Reims, Arnaud Robinet, et son homologue de Puisieulx, André Secondé – dont le conseil municipal a validé le permis de construire –, avaient laissé entendre que l’ancienne usine serait remplacée par la nouvelle. En réalité, les projets seraient concurrents.
Ils redoutent les poids lourds, les nuisances sonores, la pollution de l’air, de l’eau et des sols
« La centrale d’enrobage ERCAR est actuellement exploitée dans le cadre d’une société regroupant trois associés : Colas, Vinci Construction et Eiffage Infrastructures, fait savoir Colas, société de travaux publics filiale du groupe Bouygues. Le projet porté par Vinci Construction sur la zone industrielle de La Pompelle est complètement distinct de l’activité de la centrale ERCAR et n’implique aucune conséquence sur l’avenir de cette dernière. »
En clair, il pourrait donc bien y avoir deux usines de bitume à quelques centaines de mètres. De quoi inquiéter les habitants, qui redoutent une augmentation du trafic de poids lourds, des nuisances sonores et des risques de pollution de l’air, de l’eau et des sols, alors qu’un champ captant d’eau potable se trouve à 150 mètres et les premières habitations à 700 mètres.
Néanmoins, la vice-présidente du Grand Reims chargée du développement durable, Anne Desveronnières, a tenu à rappeler, jeudi 28 mai en conseil communautaire, à propos de l’usine actuelle, que « en 30 ans, il y a eu zéro plainte » dans cette zone industrielle. Comme toujours, c’est le préfet, et donc l’État, qui aura le dernier mot dans ce dossier.












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