« C’est devenu un objet de spéculation » : ce passionné organise une grande vente de 1 000 maillots de football du monde entier à Troyes

il y a 1 day 2

De son sac, il sort un maillot blanc de l’équipe de France, taille enfant, avec les deux étoiles des titres de champion du monde 1998 et 2018. Il a aussi glané une écharpe du club d’Amiens, de la saison 2018/2019, et une autre de l’équipe du Bélarus. En villégiature dans la Somme le lundi de Pentecôte, Antoine Martin a traîné ses guêtres à un vide-greniers et déniché ces pépites.

« Le maillot des Bleus était à un euro. À ce prix, je n’ai pas vérifié si c’était un vrai. » Quelques minutes après l’achat et de premières vérifications visuelles, il tape le numéro de série de la tunique avec une célèbre virgule sur le site de l’équipementier. Elle est authentique. Jolie affaire pour ce trentenaire dont la passion pour le football transpire de tous les pores de sa peau et est à l’origine de l’association « La Mailloterie ».

C’est « La Mailloterie » qui, ce vendredi 5 et ce samedi 6 juin, organise une vaste vente de maillots au cœur de Troyes (Aube). Supporter de l’Estac (Espérance sportives Troyes Aube Champagne), fraîchement promue en Ligue 1, depuis qu’il est installé dans la préfecture de l’Aube pour raisons professionnelles, Antoine Martin a vécu ses premières émotions footballistiques plus au nord, au stade Marcel-Picot de Nancy. Comme Troyes, le club de Meurthe-et-Moselle est habitué à la navette entre les deux premières divisions professionnelles.

« Ma mère était une pionnière. Elle a joué au foot dans son village mais c’est grâce au père d’un copain que je suis allé au stade la première fois. C’était un Nancy-Martigues du milieu des années 1990 », raconte Antoine Martin. À l’époque, il n’est pas encore question d’accumuler les maillots et de leur accorder une place considérable dans son intérieur.

À la Mailloterie, la limite c’est 150 euros par maillot !

« Mon premier maillot m’a été offert par mes parents. On rentrait de vacances dans le Sud. On s’était arrêté à Saint-Étienne. J’ai eu le maillot de Lilian Compan. » L’attaquant a évolué chez les Verts de 2002 à 2005 et été champion de Ligue 2 en 2004. « J’ai toujours ce maillot et je ne suis pas près de m’en séparer. C’est aussi le cas du deuxième que j’ai eu. C’est celui de Florent Malouda quand il faisait la paire avec Didier Drogba à Guingamp. »

Quand il pose ses valises à Troyes, il y a une dizaine d’années, Antoine ne possède guère plus d’une vingtaine de maillots. On est loin des plus de 1 000 tuniques désormais en sa possession. « En 2019, lors d’un vide-greniers, je suis tombé sur un maillot de l’AS Cannes. Cela m’a rappelé les albums Panini que je collectionnais enfant. » Ne cherchez pas, dans son millier de maillots, les Ballons d’or des vingt dernières années ou les stars du Paris-Saint-Germain ou du FC Barcelone. Il y en a évidemment mais ce qui guide Antoine Martin, ce sont les émotions.

Celles qu’il ressent lors d’une rencontre ou du parcours d’une équipe dans une grande compétition. Ses maillots racontent, à leur manière, l’histoire du monde. « Qui se souvient que la Bosnie-Herzégovine a disputé la Coupe du monde en 2014 ? », lance-t-il. Le jeune homme est bien placé pour le savoir : il a le maillot du numéro 10 de la sélection, le milieu de terrain Zvjezdan Misimović. « C’était la première fois que ce pays allait en Coupe du monde. »

Depuis plusieurs années, le gaillard écume donc les vide-greniers et les réseaux sociaux à la chasse aux bonnes affaires. Il lui arrive aussi d’être contacté par des vendeurs. « En quelques années, le marché du maillot de foot a beaucoup évolué. C’est malheureusement devenu un objet de spéculation. » Il se souvient d’un maillot de l’Uruguayen Álvaro Recoba, sous les couleurs de l’Inter Milan en 2005, qui ne lui avait coûté que 30 euros.

Avec l’expérience, il a aussi appris à déceler les vrais maillots des contrefaçons, l’une des plaies de cette dévorante passion. « Tous les collectionneurs se sont fait avoir au moins une fois, moi compris, mais il y a des indicateurs pour chaque marque. Nike, par exemple, c’est le numéro de série sur le côté. Adidas, il y a une étiquette spécifique sur l’épaule. Pour Puma, la marque ne produit des maillots que dans trois pays. S’il ne vient pas de ceux-là, c’est un faux. »

Avis aux fans de Dimitri Payet et de son époque marseillaise

Aussi impressionnante que soit sa collection, Antoine Martin se refuse à y brûler toutes ses économies. « Ma limite, c’est 150 euros par maillot, même s’il a été porté par le joueur lors d’un match. C’est aussi la règle qu’on s’est fixée avec La Mailloterie pour nos ventes de maillots. Il faut se mettre à la place du consommateur. »

Ce vendredi (de 14 h à 19 h) et ce samedi (de 10 h à 19 h), pour la troisième année d’affilée, l’association fondée avec d’autres passionnés tient sa vente géante. « Trois autres fans céderont une partie de leur collection. Pour la première fois, il y aura plus de 1 000 maillots en vente. On trouvera de tout pour les tailles, les divisions, les clubs et les équipes nationales. » Proximité avec la Coupe du monde 2026 oblige, une large part sera accordée aux maillots des sélections.

Sans trahir un secret, il ne sera pas possible de dénicher la tunique de Curaçao, cette minuscule île des Caraïbes de moins de 160 000 habitants qui va disputer son premier Mondial, mais une bonne partie des 48 pays en lice au Canada, aux États-Unis et au Mexique cet été seront présents dans les locaux du Troyes Fois Plus, le café-théâtre hôte de cette vente XXL au cœur de Troyes (10, rue Louis-Ulbach).

Avis aux amateurs : certains maillots ne quitteront jamais la collection d’Antoine Martin. « Je suis un grand supporter du club italien de Palerme où je me rends au moins une fois par an pour voir un match et ramener un maillot, explique-t-il. C’est de loin le club le plus représenté dans ma collection. » En revanche, si vous êtes fan de Dimitri Payet et de son époque marseillaise, il y aura votre bonheur sur un cintre…

Lire l’article en entier