Suite au vote de la LFP sur le rejet du projet de réforme de gouvernance du football français, le président de la FFF, Philippe Diallo, apporte son éclairage. Et veut désamorcer une situation tendue.
Un coup de tonnerre ? Un désaveu ? Un nouveau jeu de dupe ? Un simple accroc ? Le Conseil d’Administration de la Ligue a rejeté la proposition de loi sur la réforme de la gouvernance du football professionnel français. Un vote à l’unanimité ce mercredi matin. Un texte, voté au Sénat en juin 2025, sur lequel travaille clubs et instances depuis des mois. Et après lequel Philippe Diallo, président de la FFF, attend pour «réenchanter le football». À l’instant T, il n’y a aucune date de passage devant l’assemblée. Et un texte à retravailler.
La LFP appelle, via un communiqué offensif, à «une révision en profondeur du texte» et souligne la nécessité «de supprimer les amendements qui ne répondent ni aux objectifs d’une meilleure gouvernance, ni aux enjeux économiques de la filière.» Dans un football français en crise malgré le titre de champion d’Europe du PSG, avec des droits TV proche du néant, la lutte en coulisse fait rage.
« Ils veulent tuer le projet de loi, Labrune veut garder son poste, et que rien ne bouge, c’est un jeu de dupe » Passer la publicité
Après le report du 18 mai, aucune date de passage devant les députés n’est encore fixée. «Certains font tout pour repousser le texte», annonce un président de Ligue 1. «Ils veulent tuer le projet de loi, Labrune veut garder son poste, et que rien ne bouge, c’est un jeu de dupe, rétorque un autre président, désabusé. Si le projet de loi ne passe pas avant septembre, ils auront gagné et ils le savent. C’est affligeant. »
Le texte tel qu’il sort des commissions à l’Assemblée nationale a introduit un certain nombre de dispositions qui ne vont pas dans le bon sens et qui méritent certainement d’être corrigées
Philippe DialloDans une discussion téléphonique avec le Figaro et deux autres médias, Philippe Diallo a tenté d’apporter des éclaircissements. Avec la volonté d’apaiser les choses. Et d’afficher une forme d’optimisme. « La Fédération a toujours considéré que la PPL reste une ardente obligation, plante-t-il, calme et posé. Et le conseil d’administration a confirmé son soutien à la réforme portée par la PPL. Puisque dans le texte qu’elle a publié, est bien précisé que la réforme reste d’actualité et reste soutenue par les membres du conseil d’administration, y compris les familles du football. Ce qui est important, c’est de bien voir que ce qui a été discuté au conseil d’administration, c’est le texte en l’état. Ce n’est pas une remise en cause de la réforme telle qu’elle est enclenchée depuis maintenant un an auprès du Sénat. Mais le texte tel qu’il sort des commissions à l’Assemblée nationale a introduit un certain nombre de dispositions qui ne vont pas dans le bon sens et qui méritent certainement d’être corrigées. De ce point de vue-là, la Fédération, avec la Ligue, porte un certain nombre de dispositions pour continuer à améliorer ce texte et aller vers l’objectif qui est commun à l’ensemble du football, c’est-à-dire une réforme de la gouvernance pour la rendre plus moderne et plus efficace. »
Pas un désaveu pour la FFF
Le communiqué de la LFP évoque notamment la question des droits TV, du piratage, des paris sportifs ou encore de la gouvernance du football professionnel. Relancé sur le fait de savoir si ce vote de la LFP était un désaveu, Philippe Diallo répond. «Je ne crois pas du tout que ce soit un désaveu. Ce qui est important dans le texte qui a été présenté par la Ligue de football professionnel, c’est le « en l’état ». »
Je n’ai pas du tout l’impression de me faire avoir
Philippe DialloEn mars dernier, dans une tribune, les présidents de l’OM, de l’OL, du RC Lens ou encore du Paris FC, du Stade Rennais et du Havre s’unissaient pour se faire entendre auprès du gouvernement pour que la réforme de gouvernance du football professionnel passe devant l’Assemblée nationale. «La France ne doit pas perdre ce match», disaient-ils. Trois mois plus tard, la situation reste totalement floue.
Questionné sur des désaccords avec le président du Paris SG, Nasser Al-Khelaïfi, ou de la récente sortie d’Olivier Létang, non désireux de faire passer ce projet de loi, le patron de la FFF apporte une autre version. « Même si je n’ai pas un droit de vote au conseil d’administration, j’y étais et je pense qu’encore une fois, tout le monde s’est prononcé pour la nécessité d’une réforme de la gouvernance de la Ligue de football professionnelle.»
Et sur la volonté des clubs désireux de faire capoter cette réforme, voire de ralentir son passage devant l’Assemblée, Philippe Diallo n’est pas non plus de cet avis. « Je ne me situe pas dans cette perspective. Je me suis exprimé au conseil d’administration, puis devant l’ensemble des clubs, à l’assemblée générale de la Ligue, pour porter ce message. Et je pense qu’à mes côtés, il y avait le président de la Ligue. Et je pense que de ce point de vue là, toutes les expressions ont été dans le même sens et qu’il y a une unité de démarche entre la Fédération, la Ligue, les clubs, les familles du football. » Et Philippe Diallo d’asséner : «Je n’ai pas du tout l’impression de me faire avoir.»
Diallo réfute l’idée d’un football professionnel en guerre
Sur le manque d’unité du football professionnel français, le président de la FFF n’est pas non plus de cet avis. Alors que les langues se délient en coulisse. « Nous sommes unis sur les amendements que la Fédération, d’ailleurs, a préparés, qu’elle a d’ores et déjà transmis à la Ligue, qui se les est appropriés. Ce qui est important aujourd’hui, ce n’est pas simplement de réformer, c’est de bien réformer, de faire en sorte que les dispositions qui vont être votées par le Parlement d’ici l’été, comme s’y est engagé le Premier ministre, soient les meilleures possibles pour notre football. Voilà l’objet de la démarche. Et là-dessus, je pense qu’il y a un très large consensus, j’ai envie de dire même une unanimité. Tout le monde y est favorable. »

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