
Voir le mercure s’enflammer, Romain Blanchard s’y est habitué, lui qui cultive son vignoble et ses champs de céréales sous le cagnard de la Provence. Mais lorsque son thermomètre a affiché ce mardi 26 mai dans l’après-midi 42 degrés, le viticulteur de Puyricard (Bouches-du-Rhône) a compris que cette canicule précoce ferait date. « Depuis trois jours, on dépasse les 40 degrés et cela provoque dans nos champs comme un coup de sèche-cheveux », détaille l’agriculteur, dont les blés ont « viré au jaune, perdu leur eau et accéléré leur dépérissement ».
Ce phénomène, l’agroclimatologue Serge Zaka le connaît bien. « L’orge et le blé d’hiver vont être soumis à un échaudage très important (période de chaleur pendant la mise en place de l’épi et le remplissage du grain) avec une perte de rendement de 1 à 4 % par jour ». Même plus au nord, dans le Loir-et-Cher — où un record mensuel a été battu mardi à Blois avec 34 degrés —, Jérôme Delaleu voit ses champs souffrir comme jamais. « On est en pleine floraison des graines de blé et cette chaleur cuit les fleurs qui n’arriveront pas à maturité, soupire le céréalier. Cela risque d’avoir un impact jusqu’à la moisson. »












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