C’était un homme de paix. Le philosophe et sociologue Edgar Morin est décédé vendredi 29 mai, a annoncé sa famille. Il avait 104 ans. Né dans la capitale en 1921, cet homme de gauche était entré dans la Résistance à seulement 20 ans.
Géant de la pensée marqué politiquement à gauche, il était l’auteur d’une œuvre très diverse, connue bien au-delà de la France, à contre-courant de la sociologie traditionnelle se présentant comme une réflexion sur l’Homme à partir des données de la science. Il avait publié en mars 2025 « Y a-t-il des leçons de l’Histoire ? », une magistrale réflexion sur l’humanité.
« Attentif au monde, aux autres, et aux grands enjeux humains »
« Jusqu’à ses derniers jours, Edgar Morin est demeuré attentif au monde, aux autres, et aux grands enjeux humains qui ont nourri sa pensée », a indiqué son épouse, Sabah Abouessalam Morin, dans un communiqué transmis à l’AFP.
« Aujourd’hui, le vide qu’il laisse est immense. Mais son courage, sa fidélité aux êtres et aux idées, son exigence morale et son espérance continuent de nous accompagner », a-t-elle ajouté.
Malgré son grand âge, Edgar Morin était toujours présent et écouté dans le débat intellectuel. Car ses réflexions sur le changement de nos modes de vie, alors que s’accélère la mondialisation, disent beaucoup sur notre époque.
Docteur honoris causa de 38 universités étrangères, il a écrit une quarantaine d’ouvrages, largement traduits.
L’originalité de ce juif laïque, qui se percevait comme un « braconnier du savoir », a été de refuser la parcellisation de la connaissance, au profit d’une vision culturelle et scientifique pluridisciplinaire. À la fois historien, philosophe et scientifique, il a tenté de briser les frontières entre les disciplines.
« Autocritique »
Edgar Nahoum était né enfant unique le 8 juillet 1921 à Paris, dans une famille juive originaire de Salonique en Grèce, émigrée à Paris. En 1941, il rejoint le Parti communiste et entre dans la Résistance sous le pseudonyme de Morin.
Il frappe les esprits en publiant en 1959 « Autocritique », qui relate son exclusion du PCF, dont il a été un des cadres, et ses propres aveuglements face au stalinisme. Il est aussi à cette époque l’un des fondateurs du comité des intellectuels contre la guerre d’Algérie.












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