En pleine renaissance, la forteresse médiévale normande de Châteauneuf-sur-Epte espère décrocher le jackpot grâce à vous

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La forteresse médiévale de Châteauneuf-sur-Epte (Eure) sera-t-elle le premier monument normand à être récompensé par le Grand prix du patrimoine et tourisme local porté par la Fondation du patrimoine et Airbnb, le spécialiste de la location entre particuliers ? Pour sa troisième édition, le concours qui accorde trois principaux prix, de 150 000 à 100 000 €, sur une liste de douze monuments sélectionnés en amont a en effet choisi de mettre en lumière ce château.

Il est situé à quelques encablures de Saint-Clair-sur-Epte où a été signé en 911 l’acte de naissance de la Normandie. La forteresse fut à l’époque l’un des principaux gardiens de la frontière entre le duché de Normandie et le royaume de France, déjà édifié du temps de Guillaume le Conquérant et fortifié en 1097 par son fils, Guillaume Le Roux.

C’est le public qui a jusqu’au 28 juin prochain pour désigner les lauréats en votant sur la page dédiée sur le site de la Fondation du patrimoine où l’on peut découvrir les autres candidats. « Ce prix c’est une bouffée d’air pour le patrimoine rural et nous sommes fiers d’y porter les couleurs de la Normandie. Plus on aura de votes et plus elles flotteront haut, on l’espère, loin devant les autres régions ! », s’enthousiasme Franck Bucher, le président de l’association Héritage historique.

Envahie par la végétation il y a peu, elle se visite aujourd’hui

 maçonneries fragilisées, parties ruinées du donjon, accès à sécuriser et bâtiments annexes en mauvais état. DR Pépites de France

Au sommet d'une motte, la forteresse de Châteauneuf-sur-Epte (Eure) présente toujours d’importantes dégradations structurelles nécessitant une intervention urgente : maçonneries fragilisées, parties ruinées du donjon, accès à sécuriser et bâtiments annexes en mauvais état. DR Pépites de France

L’association mène le chantier d’envergure de la restauration de la forteresse de Châteauneuf-sur-Epte depuis onze ans au travers de campagnes successives, faisant notamment appel à des chantiers de jeunes bénévoles. Entièrement envahi par la végétation et presque inaccessible il y a encore seulement dix ans, il est aujourd’hui ouvert régulièrement à la visite, mais il reste encore beaucoup à faire.

Détruit au XVIe siècle lors des guerres de religion, transformé en exploitation agricole sous l’Ancien Régime, occupé durant la Seconde Guerre mondiale, le lieu est classé aux Monuments historiques depuis 1998. Il est constitué d’une motte castrale escarpée surmontée d’un donjon de pierre entouré de sa chemise – l’enceinte intérieure -, d’une cour défendue par une courtine, flanquée à l’est et à l’ouest de plusieurs tours fortifiées et d’un ancien pont-levis. Dans la basse-cour, une grange monumentale, un logis du XVe siècle et un colombier complètent l’ensemble.

Déjà sélectionnée par Stéphane Bern et son Loto du patrimoine qui lui a alloué plus de 240 000 euros pour une première phase de restauration, la forteresse présente toujours d’importantes dégradations structurelles nécessitant une intervention urgente : maçonneries fragilisées, parties ruinées du donjon, accès à sécuriser et bâtiments annexes en mauvais état.

Les nouveaux travaux porteront notamment sur la restauration du donjon, et de l’enceinte intérieure qui l’entoure. La tour-porte et ses escaliers seront aussi concernés afin de permettre l’accueil du public dans des conditions de sécurité optimales et de créer un circuit complet de visite. L’objectif des porteurs de projet est de mener à bien cette seconde phase, dont le montant s’élève à près de 1,4 million d’euros d’ici 2027 afin d’être parés pour célébrer en grande pompe le millénaire de la naissance de Guillaume le Conquérant.

« Au départ, on pouvait passer pour une bande d’hurluberlus à la longue barbe »

Mais, comme l’explique Mathieu Robinault, le vice-président d’Héritage historique, « on fera au mieux avec nos moyens. Nous sommes un peu le petit Poucet de ce prix ». Ce qui n’empêche pas l’association de faire les choses bien, grâce en particulier au soutien de dizaines de bénévoles. « Au départ, on pouvait passer pour une bande d’hurluberlus à la longue barbe qui écoutent du heavy metal. Mais au fil des années, nous avons prouvé notre sérieux et avancé pas à pas. »

Être récompensé par ce Grand prix du patrimoine et tourisme local en constituerait un nouveau. L’an dernier, le prix avait récompensé le Phare du Petit Minou à Plouzané, le Pont Valentré à Cahors et la Fosse Dionne à Tonnerre. L’année précédente, c’est la Maison du vigneron de Wettolsheim en Alsace qui avait été distinguée. C’est désormais aux Français amoureux du patrimoine de jouer.

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