A deux pas du centre-ville de Dieppe (Seine-Maritime), le site historique des laboratoires de la Biomarine connait un nouveau départ. Longtemps à l’abandon, le terrain en friche est devenu une résidence sociale de 60 logements de belle facture, avec pour certains une vue imprenable sur la mer. Une opération à plus de 12 millions d’euros portée par le bailleur social 3F Normanvie. Avec une spécificité qui se voit de loin puisque sur chacun des deux bâtiments une vaste serre de 100 m2 a été installée.
« Pour nous, c’est une première, rappelle Jean-Jacques Gasly, le président de 3F Normanvie. Nous voulions expérimenter de nouvelles manières d’habiter. Et c’est dans cette esprit qu’est née l’idée des serres sur les toits destinées aux locataires ». Il a ensuite fallu la mettre en musique, ce qui a nécessité des capacités d’adaptation chez Bouygues bâtiment Grand Ouest, l’entreprise générale chargée de la réalisation des travaux.
« Il fallait qu’elles soient particulièrement résistantes car elles sont situées en plein vent, à proximité du bord de mer. Nous avons donc décidé de répartir en trois lots leurs montages pour utiliser des compétences spécifiques pour les façades vitrées, la structure en acier galvanisé, la charpente... ». Cerise sur le gâteau, elles sont directement desservies par un ascenseur, ce qui là encore a demandé des aménagements spécifiques, notamment pour installer l’ensemble de la machinerie.

Pour l’heure, pas encore de tomates, d’herbes aromatiques ou de fraises à l’horizon. Mais les bacs sont déjà en place, prêts à recevoir les premiers plants. Au final, l’idée va être de mettre en place un jardin partagé sur ces deux espaces, entretenus par les habitants. « On sait que ça ne se fait pas tout seul, admet Valérie Bertrand, la directrice territoriale de 3F Normanvie. On va donc mettre en place des ateliers avec une association spécialisée dans ce type de projet et on a prévu un petit budget pour les premières plantations. »
L’objectif est bien de créer un petit collectif d’habitants et de créer des vocations. Daniel pourrait bien se laisser tenter. « Nous nous sommes installés il y a environ trois semaines avec ma femme, explique le retraitée. Et elle a déjà commencé à m’en parler. C’est sûr que faire pousser ses propres tomates, ça pourrait être sympa.» Installée au rez-de-chaussée de la résidence Biomarine, Angélique espère que l’espace, qu’on imagine agréable une fois aménagé et rempli de verdure, pourra attirer Djahlon, son ados de 12 ans qui opine du chef. « Avec mon boulot, ça va être compliqué de trouver du temps. Mais ça pourrait être intéressant pour lui d’apprendre à jardiner. C’est une activité manuelle qui détend et c’est juste au-dessus de chez nous. Ce serait dommage de ne pas en profiter. »












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