Grâce à vous, le retable flamand de Fromentières va être restauré : « Je n’imaginais pas que notre petite commune intéressait autant de monde»

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Ce lundi 1er juin est à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de Fromentières. Ce jour-là, la petite commune de la Marne de 390 âmes reçoit officiellement un chèque de 8 000 € pour restaurer son rarissime retable flamand du XVIe siècle. Une dotation obtenue dans le cadre de la 5e édition du prix de la Fondation pour la Sauvegarde de l’Art Français.

Pour le maire, René Condette, qui a porté le dossier à bout de bras, la surprise est totale. « On a participé, on a ensuite été retenus par un jury mais, pour être honnête, je n’y croyais pas trop ! », confie l’élu avec un grand sourire. Et pourtant, la mobilisation populaire a fait des miracles : lors de la phase finale face à deux autres communes du Grand Est, Fromentières l’a emporté en récoltant l’essentiel du vote du public.

150 petits personnages peints et sculptés

« C’est une très agréable surprise. Je ne pensais pas que notre petite commune allait intéresser autant de monde», relève-t-il. Il faut dire que l’église du village abrite un trésor d’une valeur inestimable : un retable flamand en bois sculpté de style gothique datant du XVIe siècle, conçu sous le règne de François Ier.

Ses dimensions impressionnent : 4,25 mètres de haut pour 2,95 mètres de large. Et, surtout, il abrite 150 petits personnages peints et sculptés qui racontent le chemin de croix de Jésus, de sa naissance jusqu’à la crucifixion. Parmi eux, plusieurs figures interpellent : « On ne reconnaît pas tous les personnages, mais on sait qu’il y a Marie-Madeleine, la sainte patronne de notre village ».

« Il n’existe plus que deux retables de ce type dans le monde entier. Le second se trouve en Allemagne», glisse le maire, passionné d’histoire. Acheté par la paroisse le 6 juin 1715 pour la somme de « 12 pistoles » – une fortune pour l’époque –, le monument a pourtant subi les affres du temps.

Entre la pollution naturelle et le passage des visiteurs, ses dorures se sont ternies. Pire, dans les années 1990, l’édifice a été victime de pillages : deux personnages posés sur le retable ont été volés. Depuis, la municipalité a sorti les grands moyens : l’œuvre, installée au cœur de la nef, est protégée par une alarme ultra-sensible. « Si on passe la main maintenant, ça sonne ! », prévient l’édile.

Une grande souscription va être lancée

​Ce chèque de 8 000 € est une première étape cruciale pour lancer un chantier estimé au total à 30 000 €. Classé Monument historique, le retable ne peut pas être touché sans un protocole strict. Les travaux se dérouleront sur place, sous la houlette de l’architecte des Bâtiments de France (ABF) et dureront entre trois et six mois, le temps de nettoyer la boiserie et de fixer les pigments.

Mais René Condette ne compte pas s’arrêter là. Dès le lendemain de la remise du prix, le 2 juin, une convention devrait être signée avec la Fondation du Patrimoine pour lancer une souscription publique. « Notre but, c’est d’obtenir 100 % d’aides grâces aux aides, aux subventions et aux dons car nous sommes un petit village et nous n’avons pas les moyens de faire face seuls à cette dépense », rappelle le maire. À terme, il imagine déjà installer un système d’audioguides avec écouteurs pour expliquer cette œuvre unique aux touristes de passage. Le réveil d’un géant endormi est en marche.

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