« Il prendrait beaucoup de risque à dire n’importe quoi » : sur M6, un prêtre affirme avoir confessé Dupont de Ligonnès en 2022

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« Un homme d’église nous a appelés ». L’histoire dira si M6 a permis de faire un bond en avant dans la résolution du plus grand mystère judiciaire du XXIe siècle en France. Un prêtre a témoigné, ce mardi 2 juin en direct, dans l’émission « Appel à témoins » présentée par Julien Courbet. Et a révélé qu’il aurait confessé Xavier Dupont de Ligonnès dans un monastère de l’Aude en 2022, soit onze ans après l’assassinat de sa femme et de ses quatre enfants retrouvés sous la terrasse du domicile familial à Nantes (Loire-Atlantique).

Le prêtre est-il certain de l’identité de l’homme qu’il avait face à lui ? « Oui, bien sûr », assure-t-il sans sourciller à Julien Courbet. « Sa confession en dit long », poursuit l’homme d’église qui prendrait la parole avec l’accord de l’évêque de Carcassonne. Il n’aurait pas parlé plus tôt pour ne pas causer du tort à l’image du monastère. « On dénonce tout aujourd’hui, on dénonce les viols qui se passent dans nos paroisses. On dénonce tout aujourd’hui. »

Julien Courbet d’insister : « Il vous a dit J’ai tué ma famille et je veux me confesser ? » Là encore, le père Marc répond par l’affirmative, décrivant face à lui un homme « mal dans sa peau », empli de « tristesse ». « Il était vraiment désemparé, il semblerait que cela relève du psychiatrique », a estimé le prêtre qui aurait passé « quatre jours » à ses côtés avant que l’homme recherché ne quitte l’Aude pour Grasse dans les Alpes-Maritimes.

Une bonne sœur aurait corroboré ce témoignage

Ce témoignage est évidemment à prendre avec une extrême prudence, a martelé Julien Courbet. Pour prouver de sa bonne foi, le prêtre a néanmoins annoncé l’envoi d’une photo à l’animateur. Cliché qui n’a cependant pas été montré à l’antenne.

Selon Sébastien, le chef de la call room (la pièce où sont reçus les appels), une sœur du même établissement religieux aurait corroboré ce témoignage. « Il prendrait beaucoup de risque à nous raconter n’importe quoi », a conclu Julien Courbet.

Avant ce rebondissement, M6 a consacré une heure de temps à l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès, l’homme le plus recherché de France dont la trace a disparu le 15 avril 2011 sur le parking d’un hôtel Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens (Var). « De nouveaux éléments sont apparus et changent la donne. Xavier Dupont de Ligonnès ne s’est peut-être pas suicidé comme le pense la police. Il pourrait être vivant », lance Julien Courbet. L’animateur en appelle aux souvenirs des téléspectateurs à qui il dévoile, avec l’aide de l’intelligence artificielle, le visage vieilli du tueur présumé.

L’émission rentre ensuite dans le vif du sujet : à partir de nouveaux témoignages recueillis par les équipes de l’émission, la journaliste Laurie Desorgher décrit ainsi ce à quoi aurait pu ressembler le parcours de Xavier Dupont de Ligonnès à partir du 15 avril 2011. Plusieurs témoins corroborent l’hypothèse selon laquelle il aurait entamé un périple dans un périmètre resserré du sud de la France. « Ce que l’on ignorait jusqu’à présent », précise Julien Courbet.

Le standard sature avec plus de 1 000 appels

Ainsi, il aurait par exemple échangé avec Sarah, patronne d’une agence de location de voiture à Puget-sur-Argens (Var) le 18 avril 2011. Cette dernière de témoigner depuis son lieu de travail : « Il s’est présenté là à votre place. Il ne portait pas de lunettes, m’a demandé si j’avais des véhicules à louer », raconte celle qui a fait le rapprochement avec Xavier Dupont de Ligonnès quand l’affaire a été médiatisée. La discussion a tourné court après que son interlocuteur lui indique qu’il n’a pas de carte bancaire, indispensable pour valider la location. « Il m’a dit merci, au revoir madame. Il est parti comme il est rentré ».

Présent en plateau, Gilles Galloux, ancien enquêteur de l’Office central cybercrime de la police judiciaire, en charge de la traque numérique de Xavier Dupont de Ligonnès en 2011, a rencontré Sarah pour s’assurer de la cohérence de ce témoignage. « Ce témoignage ne s’arrête pas là puisqu’elle dit qu’un homme est rentré dans le magasin quand de Ligonnès en sortait. Cet homme pense lui aussi que c’était lui ». Cet ancien gendarme aurait entendu ensuite que Xavier Dupont de Ligonnès souhaitait être déposé dans un camping.

D’autres témoins - crédibles, selon M6 - donnent des éléments permettant d’accréditer la thèse de la cavale du fugitif dans le sud de la France au moins jusqu’au 7 mai 2011. Le standard téléphonique sature : « On n’a jamais eu autant d’appels, plus de 1 000 rien que pour cette affaire contre 100 en temps normal. Des gens nous envoient des photos », rapporte Sébastien, responsable de la Call Room, dépassé.

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