Les primates et les mammifères sont loin d’être les seules espèces à prendre du plaisir en solitaire. Une étude menée par des chercheurs en ornithologie tend à confirmer que la masturbation est en réalité naturelle chez les oiseaux, tant à l’état domestique que sauvage, rapporte ce lundi 1er juin le quotidien britannique The Guardian.
En effet, depuis de nombreuses années, les propriétaires d’oiseaux étaient encouragés à les « punir » en cas de masturbation et à retirer de leur cage tout objet ayant engendré la pratique, par crainte de blessure. Or, le rapport enjoint les vétérinaires à rassurer les détenteurs d’oiseaux : « Notre principale découverte est que la masturbation n’est pas une conséquence négative de la captivité » pour les spécimens, résume Chloe Heys, spécialiste en écologie évolutive l’université du Lancashire, à Preston, dans le nord de l’Angleterre.
Une pratique identifiée chez les perroquets, les canards ou encore les dindes
Les recherches menées jusqu’alors dans le domaine établissaient deux postulats : soit les oiseaux ne se masturbaient pas, soit ils le faisaient en raison du stress provoqué par le fait de vivre en captivité. Mais l’étude publiée dans la revue Ecology and Evolution a permis d’établir que « l’onanisme aviaire » est en réalité répandu chez de nombreuses espèces, notamment les perroquets, les canards, les dindes et les poulets, et qu’il est même plus fréquent à l’état sauvage qu’en captivité, selon les résultats obtenus sur 120 espèces.
« Cette pratique est très répandue chez les oiseaux et nous avons constaté qu’elle est tout à fait naturelle et saine. Elle fait partie de leur répertoire de comportements sexuels », a précisé Chloe Heys. « J’avais une perruche qui se masturbait tout le temps. Si vous avez déjà vu un oiseau se masturber, vous savez parfaitement ce qu’il est en train de faire. »
« D’énormes implications pour leur bien-être »
Le phénomène a été identifié chez les mâles et les femelles, dans des proportions relativement similaires, bien que les cas soient légèrement plus nombreux chez les mâles. En général, les mâles se « frottent assez vigoureusement » contre leur perchoir, un jouet, ou encore contre la main, le pied ou l’épaule de leur propriétaire, a expliqué la spécialiste des oiseaux. Les femelles ont tendance à soulever leur queue et leur dos pour se frotter contre des objets. Cela engendrait parfois des battements d’ailes et des vocalisations inhabituelles chez les spécimens.
« Le fait que la masturbation semble être encore plus courante chez les oiseaux sauvages que chez ceux en captivité a d’énormes implications pour leur bien-être, d’autant plus que les conseils d’élevage traditionnels recommandent souvent aux éleveurs d’oiseaux de décourager ou de punir ce comportement, allant parfois jusqu’à recourir à la chirurgie et à des interventions hormonales », a réagi Matilda Brindle, spécialiste en biologie de l’évolution à l’université d’Oxford et coautrice de l’étude.












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