Le Loiret sous les eaux… On a du mal à le croire quand on regarde la couleur du ciel et la sécheresse qui gagne les sols aujourd’hui, mais il y a dix ans, la situation était radicalement différente. Le 30 mai 2016, il tombe en une journée sur le département l’équivalent d’un mois de précipitations, après un hiver humide et un printemps lui aussi bien arrosé. Les sols sont gorgés d’eau. En quelques heures, tout se met à déborder, les petites rivières, les fossés, les canaux… Tout, ou presque, car la Loire, elle reste sage.
« Cela a pris tout le monde par surprise, car on était surtout préoccupé par un débordement de la Loire. Personne n’avait envisagé un phénomène comme celui qu’on a vécu », se remémore Hugues Saury, sénateur du Loiret, qui était alors président du conseil départemental.
Un tiers des routes sont coupées, l’A10 est envahie par 1,5 mètre d’eau au nord d’Orléans et 300 voitures et poids lourds se retrouvent pris au piège. À l’est de l’agglomération, les bourgs de Chécy et Fay-aux-Loges doivent affronter la crue du canal d’Orléans, habituellement si tranquille. À Montargis, le bassin du Loing déborde et les eaux atteignent des niveaux records dans la ville. Sur l’ensemble du Loiret, plus de 3 700 maisons sont inondées et 900 personnes évacuées.
Plus de 17 millions de travaux effectués
Dix ans plus tard, le département revient sur l’événement qui a marqué les populations et les élus, avec un point sur les mesures qui ont été prises pour tenter de limiter les conséquences de telles inondations. Plus de 17 millions de travaux ont été effectués depuis 2017 sur le canal d’Orléans : pose de clapets à l’amont des écluses pour faciliter l’écoulement des eaux, curage, renforcement des berges, nouvelles stations de mesure, nouvelles cartes d’inondabilité… « Cela ne réglera pas tous les problèmes mais peut les atténuer », espère Marc Gaudet, successeur d’Hugues Saury à la tête du département.
Pour éviter que le pire se reproduise, il faut aussi réussir à entretenir la mémoire de cette crise hors norme. « Je me méfie de l’oubli », s’inquiète Jean-Vincent Valliès, ancien maire de Chécy. « On oublie trop vite… »












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