« Je ne refuse jamais d’en signer une » : pourquoi la grosse balle jaune s’arrache à Roland-Garros

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À peine franchies les portes de Roland-Garros, Shiefra et Eileen ne tergiversent pas. Les deux amies, venues d’Irlande pour assister pour la première fois au tournoi parisien, foncent vers une des boutiques du site. L’objet de leur désir est rond, plutôt imposant et à la robe bien flashy. Et repose désormais entre les mains de Shiefra, toute fière de sa trouvaille : une grosse balle jaune, modèle XXL de celles utilisées sur la terre battue de la Porte d’Auteuil.

« C’est vraiment le truc à acheter quand on vient ici, non ? Pour moi, c’est un indispensable de Roland-Garros, sourit la jeune femme de 29 ans, originaire de Dublin. Tu vois toujours des gens avec ça dans les tribunes, et je trouve l’objet rigolo et sympa. » Les deux amies rebroussent chemin et, sur leur courte route de 50 mètres jusqu’au Central croisent trois autres porteurs de la balle.

Même si vous n’avez jamais assisté au moindre match à Roland-Garros, l’objet est familier. La « grosse balle », ou « Jumbo » pour reprendre l’appellation officielle, est utilisée par les chasseurs d’autographes positionnés au bord des courts et qui se ruent vers les joueurs une fois le match terminé.

32 euros dans les boutiques du tournoi

Les raisons : c’est plus simple à tendre qu’un simple cahier, ça sonne plus tennis, ça permet d’avoir toutes les signatures au même endroit une fois revenu chez soi, et les joueurs sont tellement rompus à l’exercice sur la Jumbo qu’ils les paraphent en pilotage automatique dès qu’on leur en brandit une sous le nez, à Paris ou ailleurs sur le circuit.

« J’ai tendu ces balles quand j’étais petite, et maintenant je les signe, sourit la joueuse française Chloé Paquet. Moi, je trouve ça hypersympa. Je ne refuse jamais d’en signer une, parce quand ça m’arrivait enfant, c’était un drame. »

Nombre de tournois proposent leur Jumbo, en lien avec leur fournisseur de balles : Slazenger à Wimbledon, Dunlop à l’Open d’Australie, Wilson à l’US Open et à Roland-Garros. La Fédération française de tennis (FFT) explique en vendre environ 20 000 chaque année. Le souvenir officiel a un prix : 32 euros à la boutique officielle pour le modèle classique, 22 pour sa version miniature.

« J’ai des signatures, mais je ne sais même pas de qui »

« J’ai pris la mienne dans un supermarché à côté de chez moi avant de venir, elle m’a coûté 5 euros, décrit Isabelle, une habituée de Roland-Garros venue avec ses enfants. Les petits sont ravis de l’avoir avec eux pour la journée, et ça fait un souvenir ensuite à la maison. Après, ça prend quand même un peu de place. Les deux dernières ont été reconverties en ballon de foot dans le jardin. »

Corentin et Julie, deux ados croisés à côté du Suzanne-Lenglen en fin de journée, arborent fièrement la version rose de la Jumbo. « J’ai des signatures, mais je ne sais même pas de qui », s’amuse la jeune fille. « Là, tu as Cobolli. Et ici, Gauff », s’amuse son ami, pointant du doigt les longs traits noirs qui sillonnent le feutre de la balle. « C’est sympa de leur faire signer là-dessus, poursuit Julie. C’est comme un petit jeu, essayer d’avoir le plus possible d’autographes quand tu repars le soir. » Et qu’en disent les concernés ? « Il vaut mieux qu’on nous tende le gros modèle, c’est plus facile pour signer, suggère Chloé Paquet. Et pas de stylo s’il vous plaît, c’est bien plus facile avec un marqueur noir. » Quand on vous dit que c’est une habitude.

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