Europe. Retour sur un cas d’école : un messager abîmé, un message qui ne passe pas.
Publié le 15/04/2026 à 11:30
Le commissaire européen à l'Energie, Dan Jorgensen, participe à une conférence de presse à l'issue d'une visioconférence extraordinaire réunissant les ministres de l'Energie des pays de l'Union européenne, consacrée à l'impact de la guerre en Iran sur la sécurité de l'approvisionnement énergétique européen, à Bruxelles, le 31 mars 2026.
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Vous n’avez sans doute jamais entendu son nom. Dan Jorgensen n’est pas connu. Pis encore, il n’est pas entendu. Qui sait seulement que le commissaire européen à l’Energie s’est exprimé, le 31 mars ? Le Danois fait pourtant partie de ceux qui rappellent quelques vérités qu’on ne voudrait pas entendre. Tranchant avec la grande prudence du gouvernement français - le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a dû rétropédaler après s’être aventuré à parler de "choc pétrolier" - le commissaire a mis les pieds dans le plat. "Même si la paix survenait demain, nous ne reviendrions pas à la normale dans un avenir prévisible", a-t-il prévenu à l’issue d’une réunion extraordinaire des 27 ministres de l’Energie.
C’était, certes, avant l’annonce d’un cessez-le-feu précaire en Iran, qui exclut le Liban, lourdement frappé. Mais la facture ne cesse de s’alourdir - 14 milliards d’euros supplémentaires en un mois pour l’importation de combustibles fossiles - et les prix du gaz et du pétrole, qui ont respectivement augmenté de 70 % et 60 % dans l’UE, ne baisseront pas du jour au lendemain. Cinquante ans après Raymond Barre, voilà donc le nouveau "Père la Rigueur". Celui que les Etats membres, qui ne veulent pas affoler l’opinion, laissent prononcer des mots qu’ils proscrivent, comme "pénurie".

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