À quelques jours du départ des Bleus pour les États-Unis, Franck Le Gall, le médecin de l’équipe de France, sort de son habituelle réserve. Invité de Michel Cymes dans son émission « L’Intimiste », le médecin de l’équipe de France a livré un rare éclairage sur les coulisses de la préparation physique des internationaux avant le Mondial. Et pour lui, concernant la remise à niveau physique, les premiers jours du rassemblement sont cruciaux. « Le plus important, c’est les cinq premiers jours, explique-t-il. Ceux qui ont beaucoup joué récupèrent, ceux qui ont peu joué reprennent avec des charges importantes de travail. L’idée, c’est qu’au bout de cinq, six ou sept jours, tout le monde soit au même niveau. »
Le médecin de l’Équipe de France depuis 2012 alerte aussi sur l’enchaînement infernal des matches. « Aujourd’hui, la limite devrait être à 55 matches sur une saison pour le bien-être des joueurs », estime-t-il, avant d’évoquer les rares exceptions capables d’encaisser davantage, comme Lionel Messi ou Cristiano Ronaldo à leur apogée. Cette saison, plusieurs cadres français ont dépassé la cinquantaine de rencontres, à commencer par les Parisiens champions d’Europe, comme Bradley Barcola ou Warren Zaïre-Emery.
Les différentes méthodes de récupération
Franck Le Gall a également détaillé les méthodes de récupération utilisées chez les Bleus pour se préparer avant une grande compétition. Et malgré les évolutions technologiques du football moderne, le médecin de l’équipe de France explique que les bases restent quasiment les mêmes depuis quinze ans. « On masse toujours, les bottes de récupération existaient déjà, la cryothérapie existait déjà, les bains froids existaient », rappelle-t-il. Avant de souligner le retour en grâce des bains chauds, « longtemps mis de côté », ou encore l’utilisation des caissons hyperbares, dont l’efficacité « reste encore à prouver ».
Pour lui, la vraie évolution concerne surtout les joueurs eux-mêmes, devenus beaucoup plus rigoureux dans leur préparation physique et leur récupération seuls. Concernant le voyage vers les États-Unis – que les bleus rejoindront le 10 juin prochain - Franck Le Gall se montre plutôt serein. Le décalage horaire ne l’inquiète pas particulièrement grâce au départ anticipé des Bleus six jours avant leur entrée dans la compétition. « En général, il faut un jour par heure de décalage. Là, on a six heures donc on partira six jours avant », explique-t-il.
La chaleur, sa principale préoccupation
Le médecin qui, comme Didier Deschamps, quittera l’Équipe de France après la compétition, estime également que les internationaux récupèrent plus vite que la moyenne et savent adapter rapidement leurs habitudes de sommeil. Le staff donnera des consignes sur les écrans, le repos ou les horaires de coucher, mais sans tomber dans une surveillance excessive. « On leur demande d’éteindre les écrans et de lire du Baudelaire avant de dormir », plaisante-t-il.
La principale préoccupation du médecin des Bleus concerne finalement les conditions climatiques du Mondial 2026. Avec les fortes chaleurs attendues aux États-Unis, le risque de déshydratation sera au cœur du suivi médical pendant la compétition. « On va contrôler régulièrement leur rapport taille-poids qui peut vite bouger avec le manque d’eau », précise Le Gall. Un suivi quotidien qui devrait permettre au staff français d’adapter les charges de travail, la récupération et l’hydratation pour maintenir les joueurs au meilleur niveau physique tout au long du tournoi. Les bleus débuteront leur tournoi le 16 juin prochain face au Sénégal.












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