Le spectaculaire incendie de leur véhicule sur l’autoroute a failli clouer au sol les artistes volants d’In Fine

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Il est encore tôt en ce vendredi 15 mai. Sylvain Dubos et une partie des membres de la compagnie In Fine de Rouen (Seine-Maritime), sont sur l’autoroute A 4, direction Paris. Ils reviennent d’Haguenau (Bas-Rhin) où ils ont joué leur spectacle « Deux dans l’arbre » au festival L’Humour des notes, l’une des premières dates de leur saison estivale.

« D’un seul coup, à une quarantaine de kilomètres d’Haguenau, le voyant moteur s’est allumé, raconte, encore secoué, le fondateur de cette troupe d’artistes spécialisée dans les spectacles musicaux de danse aérienne, qui joue aussi bien sur les façades d’immeubles, de monuments historiques, de friches industrielles ou encore à la cime des arbres… On a tout juste eu le temps de se garer sur la voie d’arrêt d’urgence et de sortir de la voiture, un sac à la main. Rapidement on a vu de la fumée, puis des flammes sortir de dessous le capot. En quelques minutes, tout s’est embrasé. Quand les pompiers sont arrivés, environ 25 minutes après notre appel, tout le véhicule était calciné. »

À l’intérieur du Peugeot 5008 diesel, environ 35 000 euros de matériel. « Il y avait environ 97 % du matos de notre compagnie », continue le directeur artistique de 45 ans. Des instruments de musique, des micros HF, de la sonorisation… Et surtout des dizaines de cordes, de l’accastillage, des baudriers. Car ces artistes, perchés dans les hauteurs, sont équipés comme des alpinistes. « C’est du matériel très spécifique qui vaut une fortune. On ne mégote pas avec la qualité car il en va de notre sécurité », assure le trompettiste qui a aussi perdu son fidèle instrument dans l’incendie. Un déchirement. « J’ai récupéré la trompette avec laquelle je jouais quand j’avais 20 ans. Mon luthier a fait le maximum pour la remettre en état. »

L’incroyable élan de solidarité du monde du spectacle

Comme ici à Poitiers (Vienne), Sylvain Dubos et les artistes de la compagnie In Fine donnent leurs spectacles sur les façades de bâtiments, en haut des arbres ou même accrochés à des éoliennes. Ville de Poitiers

Comme ici à Poitiers (Vienne), Sylvain Dubos et les artistes de la compagnie In Fine donnent leurs spectacles sur les façades de bâtiments, en haut des arbres ou même accrochés à des éoliennes. Ville de Poitiers

Car à peine le feu éteint, il faut évidemment penser à la suite. « Il y a une vingtaine d’artistes qui travaillent pour In fine, tous intermittents. Et trois personnes pour l’administratif », calcule Sylvain Dubos dont la compagnie, qui vient de fêter ses 16 ans, fonctionne très majoritairement grâce à la diffusion de ses spectacles. Pas question de baisser les bras.

Rapidement une chaîne de solidarité s’organise. D’autres compagnies et techniciens viennent à la rescousse pour prêter du matériel divers et varié. Une cagnotte en ligne est lancée sur HelloAsso. « Le fait d’avoir des promesses de dons nous a permis de pouvoir racheter assez vite une partie du matériel d’accrochage indispensable pour assurer les prochaines dates », se réjouit Sylvain Dubos depuis Bordeaux (Gironde) où il s’apprête à rejouer. Et, dans quelques jours, c’est au sommet d’une éolienne de 128 mètres, du côté de Vézannes (Yonne), à deux pas de Chablis, qu’In Fine doit éblouir le public. Une première en Europe.

« On n’a rien annulé, au moins jusqu’à la mi-juin. Après il va encore falloir trouver des solutions. » La cagnotte en ligne a, elle, déjà dépassé les 60 % de son objectif fixé à 17 500 euros. Et des rendez-vous avec les experts des assurances ont été fixés. Le premier qui a examiné le véhicule a suspecté une fuite de gazole au niveau du moteur. Sylvain Dubos espère maintenant qu’ils seront tous aussi réactifs que la communauté artistique « dont la mobilisation nous a fait chaud au cœur. D’une certaine manière ça nous a reboosté. Et redonné foi en l’être humain ».

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