« Même pas 90 minutes, c’est quand même limite » : à Roland-Garros, la night session féminine Sabalenka-Osaka a divisé le public

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À Roland-Garros, l’ambiance de la night session est toujours à part. Plutôt « feutrée » en journée, elle bascule souvent dans la folie lorsque le soleil décline et que les projecteurs s’allument sur le court Philippe-Chatrier. Mais ce lundi soir, il régnait un parfum encore plus spécial que d’habitude aux abords du Central. Et pour cause : pour la première fois depuis trois ans, un match féminin avait les honneurs de la session de soirée Porte d’Auteuil.

Véritable blockbuster sur le papier, l’affiche des 8es de finale opposant Aryna Sabalenka et Naomi Osaka est devenue la cinquième rencontre féminine programmée sur ce créneau depuis l’apparition des night sessions, en 2021. Sur une soixantaine de matchs, la balance penche clairement du côté masculin.

Régulièrement tancée par les joueuses et les médias pour ce déséquilibre, l’organisation a souvent justifié sa position par l’assurance d’un temps de jeu plus conséquent chez les hommes, qui jouent au meilleur des cinq sets. Avec un seul match par soirée, la crainte que les spectateurs payant uniquement pour le match nocturne n’en aient pas pour leur argent reste l’argument numéro un d’Amélie Mauresmo, la directrice du tournoi.

« Au moins, on est sûrs de voir des stars »

Pourtant, l’heure n’était pas à l’inquiétude dans les allées à 20 heures, quelques instants avant le début de la partie. « On ne vient pas forcément pour voir des matchs longs, on vient aussi pour l’ambiance », confie Magdalena, ravie de la programmation. « Cette année, chez les garçons, il n’y a que des inconnus », sourit-elle, en faisant référence à l’hécatombe des têtes d’affiche observée dans le tableau masculin. « Au moins, là, on est sûrs de voir des stars. Sabalenka joue très bien, Osaka revient bien… Ça peut être intéressant et ça peut très bien durer longtemps, on ne sait pas », lâche celle qui a déboursé environ 200 euros pour son billet et celui de son fils Sébastien.

L’a priori est un peu plus négatif du côté de Xavier, entrepreneur dans le BTP, qui a offert des places à des clients. « Je me suis dit qu’ils allaient être déçus. Forcément, on aurait préféré voir un combat en cinq sets avec un Français. On rêvait de voir Moïse Kouame. » « Quand c’est pour une grosse affiche comme ce soir, ça ne me dérange pas que ce soit un match féminin », concède quant à lui Thomas, pressé de voir la nouvelle tenue portée par Naomi Osaka à son entrée sur le court.

Ultra-populaire, la Japonaise domine largement Sabalenka à l’applaudimètre lors de l’annonce des joueuses. Les 15 000 places du Chatrier sont presque toutes occupées au début du match et l’ambiance suit. Les deux stars du circuit WTA se rendent coup pour coup au cœur d’une première manche très intense, finalement remportée 7-5 en 42 minutes par la n° 1 mondiale.

Déjà plutôt en faveur d’Osaka, le public bascule totalement du côté de la Nippone lorsque celle-ci passe proche du break à 3-2 dans le deuxième set, scandant son nom à plusieurs reprises. Malgré tout, rien n’y fait : supérieure, Sabalenka l’emporte finalement en 1h27, montre en main (7-5, 6-3). Quelques rares sifflets descendent alors des tribunes, rapidement recouverts par les ovations réservées aux deux joueuses.

« Les femmes devraient aussi jouer en cinq sets »

Retrouvé à l’issue de la rencontre, Sébastien est repu. « C’était un beau match, même si c’était en deux sets, le niveau était là. Et puis 1h30, c’est déjà pas mal, c’est la durée d’un film », se satisfait-il. Sa mère, Magdalena, est plus partagée. « C’est dommage, on aurait aimé plus d’adversité. Il n’y avait pas match dans le deuxième set », réagit la cinquantenaire. Habituée de Roland-Garros, elle ne comprend pas pourquoi le Majeur parisien n’assure pas le coup en programmant deux rencontres au lieu d’une en night session. « L’après-midi, on a droit à plusieurs matchs, pourquoi pas aussi le soir ? ».

Un avis partagé par Ricky, spectateur américain, sorti frustré de l’enceinte. « Même pas 90 minutes, vu le prix qu’on a payé, c’est quand même limite », lâche celui qui s’est allégé de 170 euros pour assister à la rencontre. « Les femmes devraient aussi jouer en cinq sets, c’est trop court ! » Suivant le mouvement d’une centaine de fans, le New Yorkais s’est ensuite précipité vers le court Suzanne-Lenglen, ouvert à tous pour la fin de la rencontre masculine entre Frances Tiafoe et Matteo Arnaldi. « Au moins, je suis assuré de voir deux sets de plus. » Une chose est sûre, le sujet des nights à Paris n’a pas fini de faire parler.

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