Mondial 2026 : qualifié de "traître", l'attaquant star Sardar Azmoun exclu de l'équipe d'Iran

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L'attaquant vedette de l'Iran Sardar Azmoun, troisième meilleur buteur de l'histoire de l'équipe nationale, ne participera pas à la Coupe du monde en Amérique du Nord (11 juin-19 juillet). C'est la surprenante décision de la fédération iranienne, qui a dévoilé lundi 1er juin la liste des joueurs sélectionnés pour le Mondial 2026.

Le joueur de 31 ans, passé par le Bayer Leverkusen, la Roma et le Zénith Saint-Pétersbourg, et auteur de 57 buts en 91 sélections, était pourtant l'un des meilleurs atouts de cette équipe iranienne. Il avait déjà été exclu de l'équipe pour les matchs amicaux contre le Nigeria et le Costa Rica en mars.

Sardar Azmoun semble avoir fait les frais de vives critiques à son égard dans les médias iraniens, après la publication d'une photo sur son compte Instagram en janvier dernier. Il y pose au côté de Mohammed ben Rachid al-Maktoum, émir de Dubaï et Premier ministre des Émirats arabes unis, pays allié des États-Unis dans leur guerre contre l'Iran. Mais l'émir est également le président du club phare de Dubaï, le Shabab Al-Ahli, où évolue Sardar Azmoun depuis deux ans.

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Dans le contexte de la guerre en cours avec les États-Unis et Israël, la publication affichée sur les réseaux sociaux a été perçue par les responsables iraniens comme un geste politique. Plusieurs médias d'État se sont alors déchaînés contre l'attaquant, certains allant jusqu'à le qualifier de "traître". L'un des consultants sportifs les plus en vue à la télévision d'État l'a même jugé "indigne de porter le maillot de l'équipe nationale".

Au sommet de l'État, les Gardiens de la révolution ont dénoncé sur leur chaîne Telegram une prétendue "collaboration avec les ennemis de l'Iran". Ils lui reprochent aussi son silence face aux attaques des États-Unis et d'Israël.

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D'après le journal réformiste Etemad, le nom du joueur a même été scandé lors de rassemblements des partisans du pouvoir, afin de le dénoncer publiquement.

La mise à l'écart de l'attaquant constitue un véritable "choc", souligne le quotidien, qui estime que cette décision est "préjudiciable à la Team Melli et à ses supporters" et regrette qu'à quelques jours du début de la compétition, l'équipe nationale soit privée de son principal atout offensif.

Etemad suggère également que cette exclusion est davantage le fait de "radicaux" que de l'encadrement technique de la sélection.

"Vive les femmes iraniennes !"

Le footballeur, très présent sur les réseaux avec près de six millions d'abonnés sur Instagram, est aussi connu pour ses prises de position libres. Il est dans le collimateur des autorités depuis 2022 et son soutien aux manifestants lors du vaste mouvement de contestation "Femme, vie, liberté", qui a suivi la mort de Mahsa Amini.

Sardar Azmoun s'était alors indigné sur Instagram. "Au pire, je serai exclu de l'équipe nationale", avait-t-il écrit. "Peu importe. Je sacrifierais cela pour sauver un seul cheveu des Iraniennes. Ce message ne sera pas supprimé. Ils peuvent faire ce qu'ils veulent. Honte à vous de tuer si facilement. Vive les femmes iraniennes !"

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Fans de foot, nombre d'Iraniens, même au sein des arcanes du pouvoir, restent pourtant supporters de Sardar Azmoun. L'un des vice-présidents iraniens, Abdolkarim Hosseinzadeh, a ainsi plaidé lundi pour sa réintégration. "La patrie a besoin de préserver les liens qui unissent ses enfants", a-t-il écrit sur X. "N'oublions pas le geste de Sardar Azmoun, qui témoigne de ce lien et, si possible, ramenons-le en équipe nationale."

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Sardar Azmoun a lui-même réagi dans un long message publié sur les réseaux sociaux. "Peu importe où je joue, mon identité, mon cœur et ma fierté sont iraniens." "Je vous souhaite à tous le meilleur", a-t-il déclaré. "C'est vrai que je ne suis pas sur place, mais vous êtes mes amis et il n'y a aucune raison de ne pas vous souhaiter de réussir", a-t-il ajouté.

Participation incertaine au Mondial

La participation de l'Iran à Coupe du monde a longtemps été incertaine. Les Iraniens doivent disputer leur premier match le 15 juin contre la Nouvelle-Zélande à Los Angeles, suivi d'un match au même endroit contre la Belgique six jours plus tard. La Team Melli clôturera la phase de groupes contre l'Égypte à Seattle le 26 juin.

Mais les joueurs iraniens attendent toujours d'obtenir leurs visas pour les États-Unis. Ils ont donc été contraints de déplacer leur camp de base, initialement prévu à Tucson, aux États-Unis, dans la ville mexicaine frontalière de Tijuana, à la frontière américaine. Ils arriveront dimanche matin au Mexique, a annoncé le service de presse de la Team Melli mercredi.

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Les joueurs ont, en revanche, obtenu leurs visas mexicains, a annoncé la télévision nationale iranienne mercredi 3 juin. "Un visa américain nous sera rapidement délivré", avait également affirmé le président de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj, lundi soir.

En attendant, le stage de préparation se déroule en Turquie et l'équipe disputera un match amical contre le Mali jeudi.

Avec AFP et Reuters

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