Après les débordements qui ont suivi la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions, samedi 30 mai à Paris, le parquet dresse ce mardi 2 juin un lourd bilan judiciaire : 112 défèrements parmi les 225 majeurs placés en garde à vue.
Après la nuit de liesse et de débordements qui a suivi le sacre du PSG en finale de la Ligue des champions, samedi soir, la mécanique judiciaire tourne à plein régime. Ce mardi 2 juin, le parquet de Paris dresse un bilan des suites judiciaires liées à cette soirée de célébrations qui ont parfois tourné au drame : sur les 225 majeurs placés en garde à vue dès samedi soir, 112 ont été déférés devant la justice.
La nuit du 30 mai avait transformé plusieurs arrondissements de la capitale en théâtre de violences. Mortiers tirés en direction des forces de l’ordre, pillages de commerces, feux de véhicules, agressions : le parquet de Paris avait anticipé l’ampleur de la vague en réservant dès le départ plusieurs salles d’audience pour les comparutions immédiates, pour une réponse pénale la plus rapide possible.
112 défèrements, 73 classements sans suite
Sur les 112 personnes déférées, 35 ont été jugées en comparution immédiate, 13 dès lundi, 22 ce mardi. Une trentaine d’autres ont été orientées vers une procédure de reconnaissance de culpabilité, et une vingtaine présentées devant un délégué du procureur.
Trois dossiers particulièrement graves ont entraîné l’ouverture d’une information judiciaire ce mardi. À l’inverse, 73 gardes à vue ont débouché sur un classement sans suite, faute d’infractions suffisamment établies dans la majorité des cas.
Les affaires jugées ce mardi illustrent la diversité des comportements de cette nuit-là. Un homme de 19 ans comparaît pour avoir lancé des mortiers en direction des policiers : un commandant de police, blessé à la tête avec cinq jours d’incapacité, a déposé plainte et l’a formellement reconnu. Un jeune homme de 18 ans est lui poursuivi pour avoir tiré des engins pyrotechniques sur les forces de l’ordre.
D’autres dossiers s’éloignent des violences directes : deux mineurs ont comparu pour le pillage d’un magasin de sport dans le XVIIe arrondissement, tandis qu’un homme de 41 ans a été interpellé après avoir profité du chaos pour dérober des denrées alimentaires dans un supermarché de la rue de La Boétie, dans le VIIIe.
Des mineurs également poursuivis
Parmi les mineurs parisiens dont la garde à vue avait été prolongée dimanche soir, douze au total, trois ont été renvoyés devant le juge des enfants et quatre convoqués devant un délégué du procureur, principalement pour détention de mortiers. Trois procédures ont en revanche été classées, les faits n’ayant pu être suffisamment établis.
Les gardes à vue du dimanche soir, moins nombreuses, ont abouti à des suites plus limitées : trois classements sans suite, un renvoi en justice pour des violences sur un policier et cinq personnes maintenues en garde à vue prolongée.
Dès lundi, le tribunal de Paris avait commencé à rendre ses premiers verdicts. Parmi les jugements prononcés : un an de prison dont six mois ferme pour un jeune commercial de 22 ans arrêté après avoir insulté et résisté à des policiers ; dix mois avec sursis et cinq ans d’interdiction du territoire français pour un homme de 20 ans venu de Barcelone, condamné pour avoir craché sur un fonctionnaire et arraché une chaîne en or ; dix mois avec sursis également pour un habitant de Seine-Saint-Denis de 19 ans, interpellé alors qu’il distribuait des mortiers depuis sa voiture.
À l’audience, le procureur avait été sans ambiguïté sur la ligne adoptée, réclamant des incarcérations immédiates, y compris contre des prévenus sans casier judiciaire. Le tribunal s’est globalement aligné sur ces réquisitions.












English (US) ·