Plongeur, pilote de chasse et provençal : qui est Arnaud Prost, l’astronaute français qui s’envolera dans l’espace en 2027 avec Thomas Pesquet ?

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Tête, jambes et sourire, c’est le nouveau Thomas Pesquet ! Lundi soir à l’occasion du sommet Choose France, Emmanuel Macron a confirmé que l’entreprise spatiale américaine Vast voulait renvoyer Thomas Pesquet sur la station spatiale internationale, l’ISS, avant de confier à un autre Français le privilège de toucher les étoiles. En 2027, si tout va bien, Arnaud Prost devrait donc embarquer comme ingénieur d’essai à bord de ce qui sera probablement la toute première station spatiale privée, Haven-1.

Natif de Marseille et fan d’apnée

Scientifique et militaire, il est né en 1992 à Marseille (Bouches-du-Rhône). De sa famille, on sait simplement qu’il a deux sœurs, dont l’une est monitrice de plongée, et que son terrain de jeux était les Calanques, en apnée puis avec des bouteilles. Il fait ses études dans la cité phocéenne et après le bac, une classe prépa maths et sciences au lycée Thiers. Il a depuis bien longtemps en tête que pour se rendre sur la Lune, comme Tintin dans l’album dont il a cent fois tourné les pages, il faut suivre une trajectoire scientifique rigoureuse.

Diplômé de polytechnique

Au jeu des métiers qui font rêver, Arnaud Prost, 34 ans, est un cumulard. Diplômé de la prestigieuse école Polytechnique, ce qui fait de lui « un X », il est aussi titulaire d’un double master en astrophysique, sciences spatiales et planétologie de l’université de Toulouse et de l’ISAE-SupAéro, la même école que Thomas Pesquet et Sophie Adenot, la Française qui virevolte actuellement à 400 km au-dessus de nos têtes. Son stage de fin d’études, il l’a fait sur le robot martien Perseverance, au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa, en Californie.

Après avoir travaillé pour une entreprise marseillaise de pointe, comme plongeur d’essai sur une combinaison spatiale d’entraînement sous-marine, il obtient son brevet de pilote de chasse en 2020 et intègre l’armée. À partir de 2020, il travaille au centre d’essais en vol de la Direction générale de l’armement (DGA) à Istres sur le Rafale, se spécialisant notamment - déjà - sur les opérations en haute altitude.

Depuis 2023, il est pilote opérationnel et commandant de bord de l’E-3F AWACS au sein de la 36e Escadre de commandement et de contrôle aéroportée.

Outre son français maternel, Arnaud parle couramment l’anglais - la langue des pilotes - et le russe. Il a fait de la recherche en astrophysique sur les terres de Youri Gagarine, premier homme à avoir effectué un vol dans l’espace.

Astronaute de réserve, choisi parmi… 22 500 candidats

Dans la continuité de son parcours scientifique et technique, Arnaud Prost a été nommé le 23 novembre 2022 astronaute de réserve dans la nouvelle promotion des astronautes européens de l’Agence spatiale européenne, l’ESA. Avec onze autres réservistes, il a donc été choisi parmi plus de 22 500 candidats venus des pays membres ou associés à l’ESA qui tous avaient pour ambition de rejoindre un jour l’ISS au cas où un astronaute confirmé ne pouvait pas partir.

La tête dans les nuages, les pensées dans les étoiles, il continue de cultiver ses connaissances sur les grandes profondeurs : quelques semaines après avoir été nommé astronaute réservistes, il a plongé avec le sous-marin Nautile de l’Ifremer à 2 400 m sous le niveau de la Méditerranée. Les abysses et le vide céleste, deux mondes pas si antinomiques parce qu’ils se visitent dans de très petits espaces contraints et obligent à répéter ad nauseam des gestes et des précautions à respecter en cas de danger.

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Régulièrement il s’est rendu à Cologne, en Allemagne, pour participer à des entraînements intensifs et des tests physiques, comme les autres astronautes de l’ESA. Ce travail exige deux mois de son temps. En tant que réserviste, « nous gardons notre métier en parallèle. Plutôt que d’attendre, puisque je n’ai pas d’opportunité de vol qui est identifiée pour moi, je peux continuer à progresser », confiait-il à l’automne 2024 au Parisien. L’annonce de lundi le fait changer de statut : il n’est plus sur le banc en attendant d’entrer sur le terrain, une position à laquelle ce grand amateur de rugby se disait sereinement habitué, mais un joueur sélectionné.

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