Radio Nova, « Les Inrocks »… Comment Matthieu Pigasse jette ses médias dans la bataille culturelle contre la droite

il y a 20 hour 2

ENQUÊTE - Désormais à la tête d’un petit empire médiatique, l’investisseur donne carte blanche à sa meute d’humoristes pour multiplier les polémiques clivantes tout en feignant de n’être en rien responsable de leurs propos.

Quand Matthieu Pigasse découvre sa trombine dans Libé en avril dernier, il entre dans une colère noire : un journal ami ne fait pas ça. Une photo prise aux abords de l’Assemblée en marge de son audition par Charles Alloncle étale sa liaison avec une jeune femme qu’il vient d’installer à la direction de son groupe de médias, et qui semble ne pas faire l’unanimité dans la boîte. « Les insinuations nauséabondes et fausses alimentées par une photo people me laissent sans voix de la part de Libé », écrit l’homme d’affaires à Dov Alfon, le directeur de Libération. Le même journal le gratifiait un an plus tôt d’un bel entretien en double page, assorti d’une photo cool, regard de biais devant une affiche de rock, sous ce titre : « Je veux mettre les médias que je contrôle dans le combat contre la droite radicale ». Dommage qu’il ne contrôle pas Libération.

D’ailleurs en principe, Matthieu Pigasse ne contrôle rien - il possède. Son holding, Combat, regroupe la rédaction des Inrockuptibles, le groupe Novapress, des festivals (Rock en Seine, Les Eurockéennes, We Love Green) et des participations dans d’autres médias (Mediawan, Deezer, le HuffPost…). Quand éclate une polémique, et elles sont légion, il plaide l’indépendance et la liberté des rédactions : mes journalistes font ce qu’ils veulent, je ne leur tiens pas la plume, ils ont carte blanche… Mais quand il faut montrer les muscles pour revendiquer de mener la « bataille culturelle » contre l’extrême droite, c’est lui le patron ! Un jour il décide de tout, le lendemain il n’y est pour rien : quelle est précisément la responsabilité personnelle de Matthieu Pigasse quand ses publications appellent ouvertement à l’insurrection et la violence ?

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Le Figaro

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