En dominant sa compatriote Elina Svitolina, Marta Kostyuk est devenue la première Ukrainienne à atteindre les demi-finales de Roland-Garros. Une performance chargée d’émotion.
Passer la publicité Passer la publicitéAprès sa victoire, la 15e joueuse mondiale a tenu à rendre hommage à son pays, durement frappé par la guerre. En début de quinzaine, elle avait confié qu’une bombe était tombée à moins de 100 mètres du domicile de ses parents, à Kiev. « Nous avons encore vécu une nuit très difficile en Ukraine, surtout à Kiev. Tant de personnes ont perdu la vie », a-t-elle déclaré ce mardi, en larmes, lors de l’interview d’après-match menée par Marion Bartoli. «Je souhaite dédier ce match au peuple ukrainien et à sa résilience. Je tiens aussi à souligner le rôle d’Elina, son impact incroyable sur le tennis ukrainien, sur les Ukrainiens et sur moi. C’est une battante exceptionnelle», a poursuivi Kostyuk, avant de savourer sa qualification.
En conférence de presse, l’Ukrainienne est revenue sur les dernières frappes russes qui ont touché son pays, faisant au moins 18 morts, dont six à Kiev. « Je ne suis plus les informations la nuit, j’ai coupé les notifications depuis longtemps. Je ne peux rien y changer, et cela m’empêcherait de dormir. Je dois faire la part des choses : je suis ici, en sécurité, pour jouer au tennis. Le matin, je vérifie les nouvelles et j’écris à ma famille. C’est tout ce que je peux faire. »
Elles ont choisi une stratégie qui leur convient. J’aimerais qu’il y ait des positions plus claires, surtout quand votre pays tue des civils.
Marta Kostyuk, à propos des joueuses russesInvaincue sur terre battue cette saison, Kostyuk (16 victoires) affrontera en demi-finale la Russe Mirra Andreeva. Les tensions entre joueuses des deux pays restent vives. Madrid, Kostyuk avait dominé en finale Mirra Andreeva, dont elle avait refusé de serrer la main en raison de la guerre. « Ce sont des adultes. Elles savent ce qui se passe, elles ont accès à l’information. Elles ont choisi une stratégie qui leur convient. J’aimerais qu’il y ait des positions plus claires, surtout quand votre pays tue des civils », a-t-elle estimé. Avant de conclure, tranchante : « Je ne sais pas comment elles peuvent dormir tranquille. Daria Kasatkina est un exemple : elle s’est exprimée publiquement, malgré les pressions, et a changé de nationalité. Rien ne vous empêche de prendre position si vous y croyez vraiment. Après quatre ans, les choses sont claires : on sait de quel côté elles se situent. C’est leur responsabilité, pas la mienne. » Le duel s’annonce électrique.

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