Assise par terre sur la pelouse râpée, une touriste italienne tente péniblement de faire entrer la tour Eiffel entre ses doigts devant l’objectif de l’appareil photo de son compagnon. Ce lundi 1er juin, au lendemain de la fête organisée sur le Champ-de-Mars pour célébrer la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions face à Arsenal, les 24 ha du jardin reprennent doucement une vie ordinaire.
Les touristes ont les yeux rivés sur le décorum et les engins de chantier s’affairent pour retirer les barrières et les protections qui ont été installées tout autour du jardin. « Monter et démonter, c’est beaucoup plus long que la parade des joueurs », s’amuse un ouvrier en entassant les supports en métal à l’arrière d’un véhicule.
90 000 supporters massés sur le site
De la furia des 90 000 supporters extatiques lorsque Marquinhos et sa bande ont débarqué, trophée en main, depuis l’École militaire, il ne reste que des stigmates. On peut encore apercevoir sur la pelouse la trace de la longue allée aux couleurs du club sur laquelle Ousmane Dembélé, Luis Enrique ou Warren Zaïre-Emery ont défilé.
L’herbe est bien piétinée, raclée par des engins à certains endroits, mais pas de quoi décourager les visiteurs qui profitent de la verdure ou qui multiplient les clichés avant de grimper au sommet de la Dame de fer. « On a vu les images de la fête d’hier, ça avait l’air sympa mais comme on se fiche du foot, on est contents que ce soit tranquille le jour de notre visite », se réjouit Tom, venu d’Allemagne avec ses parents.
⚽️ Ouf ! ⚽️ Le Champ-de-Mars n’a pas subi de dégradations notables lors de la célébration de la victoire du PSG en Ligue des champions. La pelouse centrale, occupée par les supporters et traversée par les joueurs a été sollicitée, mais nous n’avons constaté aucun dommage… pic.twitter.com/aANJxxGpou
— Les Amis du Champ-de-Mars (@AmisChamp2Mars) June 1, 2026Un à un, les ifs taillés en pointe qui bordent l’immense pelouse centrale sont libérés de leurs carcans de protection en ferraille. Des structures sur lesquelles certains spectateurs ont tenté de grimper pour mieux apercevoir la parade et la scène installées au pied de la tour Eiffel. De rares débordements vite tempérés par la sécurité.
« Franchement, cela s’est bien passé, c’était assez fluide pour entrer et tout le monde est reparti facilement, témoigne Enzo, venu tôt dans l’après-midi pour apercevoir ses héros. J’étais sur les Champs-Élysées l’an passé et c’était génial. Mais le symbole de la tour Eiffel est vraiment fort. Vivement qu’on en gagne une troisième l’an prochain pour aller ailleurs (rires) ! »

Un changement de lieu qui satisferait Simone, venue promener son chien ce lundi après être resté « barricadée » chez elle la veille. « C’est toujours la même chose, il y a trop de gens et ils laissent tout en bazar après », cingle la retraitée en pointant du doigt les innombrables mégots et les quelques capsules de bière qui jonchent encore les pelouses malgré les efforts des équipes municipales.
« Surexploitation » du Champ-de-Mars
Vent debout contre la tenue de cette célébration sur ce site classé, l’association « Les amis du Champ-de-Mars » est toutefois plutôt soulagée à l’issue de la fête. « On peut souffler, glisse Corinne Roy, sa vice-présidente. Les pelouses sont abîmées, mais on en a malheureusement l’habitude. Il y a certainement des conséquences pour la biodiversité, notamment les oiseaux, mais on n’a pas repéré de gros dégâts donc on est contents. »
Du côté de la mairie du VIIe, on se réjouit que la fête ait gardé un caractère joyeux, familial et bon enfant. « Les choses se sont très bien passées en termes de sécurité, les échanges avec la préfecture ont été excellents et les demandes de sécurisation faites par Rachida Dati ont été entendues », note Olivier Le Quéré, l’adjoint au maire du VIIe arrondissement en charge de la sécurité.
« Je salue les forces de l’ordre qui ont vécu un week-end plus que tendu sur le terrain, de jour comme de nuit, poursuit-il. Mais même si les images étaient belles, nous regrettons une nouvelle fois le manque de concertation avec la Ville qui a décidé unilatéralement l’organisation de cet événement. De manière générale, il y a une surexploitation du site du Champ-de-Mars. Après la remise en état total des pelouses après les Jeux olympiques, il va déjà falloir refaire plein de choses. C’est un des poumons verts de la capitale, c’est aussi important de le préserver. »












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