Solitaire du Figaro Paprec : une nouvelle journée d’usure et de stratégie

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La troisième étape de la Solitaire du Figaro Paprec a franchi un nouveau cap ce mardi. Engagés dans un long bord de près au cœur du front, les marins enchaînent les heures à la barre dans des conditions particulièrement exigeantes.

Après déjà 44 heures de course et deux étapes disputées à haute intensité, la fatigue commence à se faire sentir au sein de la flotte. Pourtant, aucun concurrent ne semble prêt à lever le pied. Aux avant-postes, Tom Dolan (Kingspan) poursuit sa marche en avant et impose son rythme à ses poursuivants.

Le skipper irlandais ne compte laisser aucune ouverture à Nicolas Lunven (PRB) et Alexis Thomas (Wings of the Ocean), ses plus proches rivaux. À l’approche de l’Occidentale de Sein, le scénario pourrait toutefois évoluer rapidement : dès la marque franchie, les premiers devraient bénéficier d’un vent plus soutenu et pourraient accentuer leur avance.

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Tom Dolan, l’homme fort du moment

Dans cette étape où les exigences physiques rivalisent avec les défis tactiques, l’expérience semble aujourd’hui faire la différence. Les marins les plus aguerris occupent les premières places et maintiennent un rythme impressionnant le long des côtes bretonnes. La flotte progresse toujours dans un vent de sud-ouest modéré, chaque concurrent cherchant la meilleure trajectoire pour préserver sa vitesse.

À ce stade de la course, les écarts restent relativement contenus et rien n’est encore joué. Derrière Tom Dolan, plusieurs marins restent en embuscade. Loïs Berrehar, toujours en quête d’un premier succès d’étape sur la Solitaire du Figaro Paprec, continue de mettre la pression sur les leaders. Nicolas Lunven, malgré un départ retardé de neuf heures sur cette étape, réalise une remarquable remontée et nourrit encore l’espoir d’accrocher une troisième victoire.

Aux Glénan, le jeu tactique s’intensifie

Au fil de l’après-midi, les concurrents ont commencé à virer de bord afin de mettre le cap vers l’ouest de la Bretagne. Un long tronçon les attend désormais en direction de la pointe bretonne puis de l’Occidentale de Sein, passage clé de cette troisième étape. Ce secteur sera également marqué par le Sprint Intermédiaire, qui attribue de précieuses bonifications au classement général. Trois minutes pour le vainqueur, une minute pour le troisième : dans une édition où les écarts restent minimes, ces secondes pourraient avoir un poids considérable dans la lutte finale.

Tom Dolan (Kingspan). Thomas Campion/La Solitaire du Figaro Paprec

Préserver ses forces avant la Manche

Avant d’aborder la Manche, les skippers vont devoir trouver le juste équilibre entre performance et récupération. Les occasions de repos ont été rares depuis le départ, mais elles pourraient devenir indispensables pour la suite du parcours. Car dès demain, les conditions devraient se durcir sensiblement. Le vent va progressivement se renforcer à mesure que la flotte remontera vers les côtes anglaises, accompagnée d’une mer plus formée. Une nouvelle séquence intense attend les marins avant le dernier contournement de marque en Angleterre puis le sprint final vers Le Havre. Une fin d’étape qui s’annonce aussi engagée qu’indécise.

L’analyse de Yoann Richomme : «Les marins vont avoir un peu plus d’une journée quasiment de portant fort pour terminer. Ils vont être au-dessus de la limite du grand spi, probablement de temps en temps, avec l’obligation de passer sous petit spi. C’est vraiment engagé comme conditions, surtout sur un Figaro 3. Cela demande énormément de temps de barre, ça demande de ne pas faire d’erreur sur un bateau qui est assez vicieux dans ces conditions-là. Ça va être engagé. Je pense que c’est là qu’on va voir les vrais écarts se creuser.»

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«Pour la majorité d’entre eux, l’objectif est juste d’arriver au Raz de Sein bien positionnés, bien classés et surtout le plus reposés possible, parce qu’après, ça va envoyer du bois jusqu’à l’arrivée. C’est beaucoup de temps de barre, beaucoup de réglages, et puis essayer d’être assez intelligent sur les choix de voiles, savoir quand réduire, quand changer de spi. Et ça, ce n’est jamais écrit dans les livres, ce n’est pas évident. Des fois, ça passe en force sous grand spi, parfois il faut absolument changer pour passer sous petit spi. Donc ça va donner lieu à pas mal de choix différents.»

Il y aura malheureusement un peu de casse. Il est certain que les grands spis vont exploser pour certains. Vu que c’est la fin de l’épreuve, il faut y aller

Yoann Richomme

«Mais pour nous, à terre, ça va être très intéressant à suivre. Et les conditions de mer, avec 3 à 4 mètres de houle, ça va enfourner fort. Ils vont être trempés jusqu’aux os. Ça va être chaud. Je pense qu’il y aura malheureusement un peu de casse. Il est certain que les grands spis vont exploser pour certains. Vu que c’est la fin de l’épreuve, il faut y aller.»

«Poignée dans le coin, ça me rappelle la fin de la Solitaire du Figaro 2013 à Dieppe où, je crois, on est quatre ou cinq à tenir devant un front, plein les ballons dans 30 nœuds toute la nuit. Et au petit matin, on relève le nez et, en fait, là, il y a des écarts monstrueux. Moi, je pense que je suis quatrième et je pense que le cinquième est à l’horizon derrière. Il est presque à une heure. La Solitaire va se jouer là et ça va être très, très chaud entre Tom Dolan et Nicolas Lunven, même si Tom va engager le bord en premier, j’imagine. Ça va être hyper beau à suivre.»

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