Une frappe ukrainienne a tué trois personnes en Crimée, ont annoncé tôt jeudi 4 juin les autorités de cette péninsule annexée par la Russie, au lendemain d'une attaque contre des sites énergétiques et militaires à Saint-Pétersbourg, où s'ouvrait le principal forum économique russe.
"Selon les premiers rapports, trois personnes ont été tuées et sept autres blessées à cause d'une frappe ennemie sur des bâtiments non résidentiels à Simferopol", a écrit tôt jeudi sur Telegram Sergueï Aksyonov, le chef des autorités de Crimée, annexée par Moscou en 2014. "Les services d'urgence sont en ce moment sur les lieux", a-t-il ajouté, sans fournir plus d'informations.
"Nous nous rapprochons d'une adhésion à l'UE"
Du côté des Européens, les représentants des 27 ont ouvert la voie mercredi à la reprise formelle des négociations d'adhésion à l'Union européenne avec l'Ukraine, bloquées jusqu'à présent par un veto hongrois, a-t-on appris auprès de responsables européens. Le pays de 40 millions souhaite rejoindre l'UE le plus rapidement possible. "Bonne nouvelle", a écrit la Première ministre ukrainienne Ioulia Svyrydenko sur le réseau social X. "Nous nous rapprochons d'une adhésion à l'UE."
La Hongrie de Viktor Orban, hostile à cette adhésion, avait mis son veto à la poursuite du processus de discussions, entamé officiellement en 2024. La Moldavie n'était pas concernée par ce veto, mais les négociations d'adhésion avec Chisinau avaient été jointes à celles ouvertes avec Kiev. Le veto hongrois avait donc bloqué de facto les discussions avec la Moldavie.
Selon plusieurs diplomates européens, la Hongrie, désormais dirigée par le pro-européen Peter Magyar, a indiqué mercredi qu'elle levait son veto, ouvrant la voie à cette reprise formelle des négociations. Celle-ci pourrait avoir lieu dès la semaine prochaine à l'occasion d'une réunion ministérielle des 27 à Luxembourg, selon une source diplomatique.
Les 27 décideront à cette occasion d'ouvrir ce premier groupe de chapitres de négociations, un "cluster" en langage bruxellois. Il y en a six au total, qui couvrent l'ensemble des sujets devant être bouclés pour qu'un pays puisse s'intégrer sans heurts à l'Union européenne.
Des "frappes justes", selon Volodymyr Zelensky
La nouvelle attaque ukrainienne en Crimée intervient au lendemain du ciblage de sites énergétiques et militaires à Saint-Pétersbourg, la deuxième ville de Russie, au jour de l'ouverture du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF). Quelque 20 000 invités de 130 pays, y compris occidentaux, doivent participer à cet événement de trois jours, jadis considéré comme le "Davos russe", organisé par la Russie pour attirer investisseurs et entreprises étrangères.
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Parmi les rendez-vous prévus figurent un échange entre Vladimir Poutine et des dirigeants d'agences de presse internationales jeudi, un discours du président russe vendredi, ou encore une prise de parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres lors d'un panel sur l'environnement vendredi.
Le Kremlin a promis "des réponses systématiques" aux frappes de Kiev, qui ont endommagé "plusieurs" infrastructures sans faire de victimes, selon le gouverneur Alexandre Beglov.
D'après Volodymyr Zelensky, c'est le terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg et la base militaire de Kronstadt, non loin de là, qui ont été visées par des drones ukrainiens. Le président ukrainien a évoqué des "frappes justes". Les Russes "doivent savoir que s'ils utilisent des drones et des missiles contre nous, nous ferons de même", a-t-il déclaré.
Par ailleurs, mercredi, sept personnes sont mortes dans l'est de l'Ukraine occupé par la Russie du fait d'une frappe ukrainienne sur un car, selon les autorités locales installées par la Russie. Deux autres civils sont morts, l'un dans la région frontalière de Briansk, l'autre dans la partie occupée de la région de Kharkiv, selon les pouvoirs locaux.
Pour Marco Rubio, "le risque d'escalade est réel"
Du côté de l'Ukraine, où se trouvait mercredi le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, des bombardements russes ont fait une dizaine de morts dans plusieurs régions, selon les autorités locales. Mardi, 23 personnes avaient été tuées en Ukraine - à Kiev et Dnipro (centre-est) - dans une salve massive de missiles et de drones russes.
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Les États-Unis, qui ont mené sans succès une série de négociations avec les Ukrainiens et les Russes, actuellement au point mort, se sont inquiétés mercredi d'un risque d'escalade.
Aux dires de Marco Rubio devant une commission parlementaire, "l'Ukraine est devenue de plus en plus efficace pour mener des frappes à longue portée en profondeur". "Il est important d'essayer de mettre fin à cette guerre, si nous le pouvons, car le risque d'escalade est réel, plus réel qu'il ne l'était il y a deux ans", a ajouté le secrétaire d'État américain. "A ce stade, aucune des deux parties n'a été disposée à faire les concessions nécessaires pour rétablir la paix, en particulier du côté russe", a également relevé Marco Rubio. Et d'assurer que les États-Unis restent "prêts à jouer tout rôle possible dans ce contexte pour rétablir la paix".
Avec AFP et Reuters












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