« Un pays comme la France ne mérite pas ça » : Ivan Ljubicic tire un bilan amer après un Roland-Garros décevant pour les Bleus

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« Pffff… ». Lorsque le modérateur de la deuxième salle de presse lui a demandé de dresser un premier bilan des résultats du tennis français à Roland-Garros, Ivan Ljubicic a longuement soupiré avant de répondre. Présent face aux médias ce mardi à la mi-journée pour le traditionnel point presse de fin de tournoi des Bleus, officiellement tous éliminés des tableaux de simple depuis la lourde défaite de Diane Parry en 8e de finale, le directeur du haut niveau à la Fédération Française de tennis (FFT) faisait grise mine.

« Un pays comme la France ne mérite pas ça. Il faut travailler pour changer », a-t-il tancé, alors que sur les 30 Tricolores engagés chez les hommes comme chez les femmes, seule Parry a atteint la deuxième semaine. « Le constat et l’analyse sont plutôt simples. On avait trois têtes de série chez les hommes (Arthur Rinderknech n° 22, Corentin Moutet n° 30, Ugo Humbert n° 32), aucune chez les femmes. Les résultats sont la conséquence du niveau actuel des joueurs, ce n’est ni positif, ni négatif, c’est comme ça. »

Les regrets Fils et Boisson

Pas vraiment surpris par ce nouveau Roland terne, le Croate, débarqué à la FFT il y a trois ans, regrette encore amèrement le forfait d’Arthur Fils, contraint de renoncer la veille du début du tournoi en raison d’une blessure à une hanche. « On l’a un peu trop rapidement oublié », a-t-il tenu à rappeler. « C’est un super joueur, il fait partie des meilleurs du monde. Quand on voit ce qu’il s’est passé cette année, c’est vraiment dommage qu’il n’ait pas pu jouer le tournoi », a déclaré Ljubicic, alors que deux tops 10 seulement ont atteint les quarts de finale côté masculin.

Même son de cloche chez les femmes, l’ancien 3e joueur mondial s’épanchant avec remords sur la situation de Loïs Boisson, arrivée à court de forme Porte d’Auteuil et balayée d’entrée par Anna Kalinskaya un an après son parcours magique en terre parisienne. « Je souhaite juste qu’elle puisse jouer au tennis », a-t-il confié, dans la lignée de l’émouvante conférence de presse tenue par la Française après sa défaite. « J’espère qu’elle va trouver le rythme des matchs, elle en a besoin. Elle a passé trop de temps sans jouer. Elle a besoin de trouver des sensations sur le terrain mais je pense qu’elle va revenir rapidement dans le top 100, puis encore plus haut. »

Il donne rendez-vous en 2030

Pour se consoler, l’ancien entraîneur de Roger Federer a pu profiter des deux éclaircies de la quinzaine : Diane Parry, donc, et Moïse Kouame, devenu en trois matchs le nouveau chouchou du public français du haut de ses 17 ans. « Je le connais très bien mais il continue de me surprendre », a apprécié le responsable du haut niveau. « Il continue de montrer des signes très intéressants, pas seulement par ses résultats mais surtout par sa manière d’affronter les situations. Après son 1er tour, il a parlé de gagner le tournoi. Ce sont des choses qui sont parfois mal vues en France mais il faut accepter le challenge, il faut rêver », a lâché le dirigeant. Fondant de grands espoirs dans la génération 2009, dont Kouame fait partie en compagnie de Daniel Jade, révélation des qualifications, et Mathys Domenc, Ljubicic a donné rendez-vous en 2030.

« Quand j’ai pris mon poste en 2023, j’ai dit qu’il faudrait attendre 8 à 10 ans pour voir concrètement les effets des décisions prises », a-t-il rappelé, réclamant de la patience en citant l’exemple de Marta Kostyuk, conseillée par ses soins « en 2015-2016 » et qui confirme enfin cette saison tous les espoirs placés en elle.

« Je ne suis pas inquiet pour l’avenir du tennis français », a même affirmé le Croate. « Vous avez connu un peu mieux (par le passé) mais la prochaine génération est plutôt bien placée pour rêver. On peut espérer que les résultats soient beaucoup plus positifs que ça avec les prochaines générations. » En attendant, les fans français devront prendre leur mal en patience.

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