La musique a toujours fait partie de la vie de Samuel Alhaouthou, alias Sam Mavrec. Le quadra, originaire de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), a pourtant appris son métier de compositeur à l’image sur le tas. « Je n’ai pas eu l’opportunité, enfant, de prendre des cours », se souvient le musicien autodidacte. « Plus tard, j’ai essayé de leçons particulières mais ça ne m’a pas trop convenu. » Ado, il monte son premier groupe de RnB, « After Five », avec son frère et des copains. Ce qui ne l’empêche pas d’espérer vivre un jour de son art.
Le hasard de rencontres lui permet de composer pour la chanteuse Karimouche, puis de travailler pour les librairies des groupes TF1 et M 6. « Ce sont des banques de sons et de musiques qui sont ensuite intégrés à tout type de programmes », précise-t-il. Documentaires, émissions culinaires, magazines ou jeux… Ses créations se retrouvent un peu partout à la télévision. La récompense d’un long travail de composition pour chaque morceau : « Je travaille beaucoup sur le sound design, j’invente mes propres sons. »
Quand Cofidis cherche une nouvelle identité sonore, la société de crédit organise une compétition, qu’il remporte. « Ils recherchaient des tonalités gaies et facilement mémorisables. Jusqu’il y a deux à trois ans, je signais tout leur univers musical, comme les pubs ou les attentes téléphoniques par exemple », se félicite Sam Mavrec.
Quand, à l’été 2018, France 2 décide de proposer un feuilleton quotidien, il est convaincu par un ami de tenter l’aventure et de proposer ses compositions à la production. Depuis, elle lui en commande quatre à cinq chaque semaine. « On reçoit des briefs. Un superviseur musical nous oriente selon les intrigues et nous demande tantôt des choses légères, tantôt plus sombres, mais aussi des ambiances de tension pour accompagner les enquêtes. »
En fond sonore d’une exposition photo
Sam Mavrec n’en oublie pas pour autant ses origines euréliennes. Ainsi sa musique va accompagner l’exposition « Minimiam » organisée par les photographes culinaires Pierre Javelle et Akiko Ida avec les élèves du collège Arsène-Meunier, à Nogent-le-Rotrou, les 13 et 14 juin. Le compositeur a même organisé en janvier des ateliers pour plusieurs classes au sein de l’établissement. « Le projet est porté par l’association EEDAN pour laquelle ma sœur travaille et qui organise des ateliers cuisine dans les collèges autour des produits locaux », détaille-t-il. « L’idée était de créer une exposition immersive avec des photographies et de la musique créée exprès. »
Pour cela, il a enregistré des sons avec les adolescents : « Les légumes que l’on coupe, les ustensiles que l’on utilise, les ambiances, etc. Et je les intègre dans ma composition. Je leur ai montré que l’on pouvait créer des sons hip-hop, de la techno avec les machines que j’utilise. Ils étaient complètement fascinés », se remémore-t-il.
Ses succès ne limitent pas pour autant son ambition. Ses rêves désormais ? Participer à la composition d’une bande originale de film, et travailler avec un orchestre symphonique.












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