VIDÉO. 200 heures de travail non-stop : ces robots humanoïdes qui font peur à des millions de travailleurs

il y a 1 day 2

Du 13 au 22 mai dernier, plusieurs modèles robotiques de l’entreprise américaine Figure AI ont trié des colis, sans interruption, lors d’un live diffusé en direct sur les réseaux.

Des colis qui tournent en boucle sur un tapis roulant. Face à eux, des robots humanoïdes baptisés Bob, Rose, Gary, Frank et Jim se succèdent pour les trier. Voici l’étrange démonstration diffusée en live pendant neuf jours consécutifs depuis les locaux de la start-up américaine Figure AI, spécialiste de la robotique humanoïde.

L’expérience débute le 13 mai dernier, après un tweet un brin provocateur d’un certain Scott Walter, spécialiste américain de l’automatisation industrielle, qui affirmait qu’aucun robot humanoïde n’était aujourd’hui capable d’assurer une journée complète de travail en usine sans assistance humaine. Piqué au vif, Brett Adcock, fondateur de Figure AI relève le défi.

Le principe paraît presque ridicule de simplicité : face à un tapis roulant circulaire, les robots Figure 03 doivent vérifier que le code-barres du colis soit orienté vers le bas. Une tâche répétitive, monotone et parfaitement calibrée pour tester l’endurance des machines.

Toutes les quatre heures, un robot quitte son poste pour recharger sa batterie pendant qu’un autre prend le relais. Rapidement, le direct devient viral et fascine de nombreux internautes. Mais dans les commentaires, certains s’inquiètent de cette technologie sur l’emploi humain. « On est cuits, nos boulots sont finis », lâche un internaute. Un autre, lui, préfère en rire. « C’est choquant. On n’a plus qu’à faire du padel », lance un autre.

En revanche, d’autres spectateurs sont comme hypnotisés par ce ballet mécanique. Beaucoup finissent même par s’attacher aux robots au point de leur donner des surnoms affectueux ( Bob, Rose, Gary, Frank et Jim ) repris ensuite officiellement par l’entreprise.

Après huit heures sans interruption et sans accroc, Figure AI prolonge l’expérience jusqu’à atteindre 200 heures de fonctionnement en continu. Si la société affirme qu’aucune panne mécanique majeure n’a été constatée, des spectateurs ont toutefois relevé plusieurs mini ratés : colis projetés au sol, hésitations, mouvements erratiques et des pauses injustifiées de quelques secondes...

Certains internautes vont jusqu’à soupçonner une télécommande humaine cachée derrière les machines. Un geste récurrent des robots - un bras levé près de la tête - alimentant la théorie selon laquelle des opérateurs prenaient discrètement le contrôle de la machine via un casque de réalité virtuelle. Le PDG Brett Adcock a dû démentir ces accusations, expliquant qu’il s’agissait simplement d’un mouvement destiné à éviter une structure métallique du tapis roulant.

Au cinquième jour de l’expérience, Figure AI décide de pimenter le jeu en mettant en compétition ses robots avec un humain. Aimé Gérard, stagiaire dans l’entreprise, effectue la même tâche pendant dix heures. Et le constat est sans appel : Aimé se montre bien plus rapide que le robot humanoïde. Mais contrairement à la machine, le stagiaire doit boire, manger, faire des pauses et supporter progressivement la fatigue physique. À la fin de l’épreuve, le résultat est extrêmement serré : 12 924 colis traités pour l’humain contre 12 732 pour les robots. Le stagiaire remporte donc le duel... avant de repartir avec des cloques aux mains et de fortes douleurs aux bras. Brett Adcock salue alors sa victoire avec cette petite phrase qui résume à elle seule les inquiétudes soulevées par cette démonstration : « Félicitations à Aimé. C’est la dernière fois qu’un humain gagnera. »

Au terme des 200 heures, plus de 249 000 colis auront été manipulés. Une performance symbolique mais stratégique pour Figure AI. Fondée il y a seulement quatre ans, l’entreprise américaine est déjà valorisée à plusieurs dizaines de milliards de dollars grâce au soutien d’investisseurs comme Microsoft, Nvidia ou encore Jeff Bezos. Face à des concurrents comme Boston Dynamics, Tesla ou Agility Robotics, Figure AI veut désormais industrialiser ses humanoïdes à grande échelle. L’entreprise affirme déjà collaborer avec BMW et ambitionne de produire des centaines de milliers de robots d’ici 2030.

Lire l’article en entier