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Publié le 03/06/26 à 16h42
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Et si votre expresso du matin était aussi un anti-inflammatoire cérébral ? C'est ce que suggère une revue de 17 études publiée dans Translational Psychiatry. Une bonne nouvelle pour les anxieux, une moins bonne pour ceux qui en boivent cinq par jour.
© Geber86 - À dose modérée, la caféine réduit l'inflammation cérébrale associée à l'anxiété et à la dépression. À l'excès, elle l'aggrave.
On savait que le café réveille, on soupçonnait qu'il protège contre Parkinson et Alzheimer, et on a même récemment découvert qu'il modifiait en profondeur le microbiote intestinal. Mais voilà, une revue systématique publiée dans Translational Psychiatry (groupe Nature) vient d'ajouter une pièce au dossier : la caféine pourrait aussi calmer l'inflammation cérébrale associée à l'anxiété et la dépression.
17 études passées au crible
L'équipe de Paula Campello-Costa, neuroscientifique à l'Université fédérale Fluminense (Brésil), a épluché 3114 publications pour en retenir 17, toutes menées sur des rongeurs adultes mâles. Six portaient sur des modèles d'anxiété, 11 sur des modèles de dépression.
La caféine inverse les mécanismes de neuroinflammation et de stress oxydatif observés dans les modèles d'anxiété, aussi bien en stress aigu que chronique. © Neves et al. 2025 / Translational Psychiatry (CC BY-NC-ND 4.0)
Le constat est remarquablement convergent. Dans la quasi-totalité des études, la caféine a réduit les cytokines pro-inflammatoires (IL-1β, TNF-alpha, IL-6), augmenté les cytokines anti-inflammatoires (IL-10, IL-4), freiné l'activation des cellules microgliales et atténué le stress oxydatif. En parallèle, les comportements anxieux et dépressifs mesurés par les tests classiques (nage forcée, labyrinthe en croix surélevé, préférence au saccharose) ont nettement diminué.
Le mécanisme : les récepteurs à l'adénosine
La caféine agit en bloquant les récepteurs A1 et A2A de l'adénosine, présents dans les neurones et les cellules gliales des régions cérébrales impliquées dans la régulation de l'humeur. Sous stress chronique, le récepteur A2A est surexprimé dans l'hippocampe, ce qui active la microglie et entretient la neuroinflammation. En le bloquant, la caféine coupe ce cercle vicieux.
Dans les modèles de dépression, la caféine réduit les cytokines pro-inflammatoires, freine l'activation microgliale et stimule la neurogenèse hippocampique. À dose élevée, l'effet s'inverse. © Neves et al. 2025 / Translational Psychiatry (CC BY-NC-ND 4.0)
Attention à la dose
Le bénéfice n'est pas vraiment linéaire. À doses modérées (l'équivalent de deux à trois tasses de café chez l'humain), les effets sont protecteurs. Mais à dose élevée, l'une des études montre une inversion complète : la caféine devient anxiogène et pro-inflammatoire. Une étude humaine citée par les auteurs confirme cette fenêtre. Deux à trois tasses de café caféiné par jour réduisent le risque d'anxiété et de dépression, quel que soit le sexe. Le décaféiné, lui, ne produit aucun effet comparable.
Les auteurs soulignent deux limites majeures : l'absence totale de femelles dans les études analysées, alors que l'anxiété et la dépression les touchent davantage, et la grande hétérogénéité des protocoles. Mais la convergence des résultats, selon eux, “soutient la robustesse des effets bénéfiques de la caféine” et ouvre la voie à des stratégies nutritionnelles complémentaires aux traitements existants.
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