CRITIQUE - Versailles ravive le tournant horticole des années 1750-1800, au moment où le goût préromantique pour une nature d’apparence libre est progressivement préféré au classicisme à la Le Nôtre.
Plus de longues avenues entre des parterres symétriques mais des sentiers ondulants. Plus de bassins rigoureux mais des étangs et des rivières sinueuses. Et encore : semés çà et là comme au hasard (quoiqu’en réalité selon quelque point de vue propice) mille folies ou fabriques. Chalets rustiques, montagnes et cascatelles toutes de chic, ponts de bois ou de pierres aux lignes de toutes époques, fausses grottes d’ermite, pyramides, maisons de coquillages, temples antiques ou exotiques. Et jusqu’à des manèges qui furent les ancêtres de ceux de nos parcs d’attractions.
Qu’elle étonne, cette vaste maquette installée à l’entrée du Grand Trianon de Versailles ! Dans ce lieu jadis dédié à l’intimité des souverains, elle synthétise toutes les inventions et fantaisies des jardins conçus durant la seconde moitié du XVIIIe siècle. Chacun formait comme un concentré du monde, une galerie de boules à neige touristiques, où le noble mais aussi désormais de plus en plus l’honnête homme pouvaient…

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