Disparition d’Areski Belkacem, complice de Brigitte Fontaine

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Areski Belkacem et son épouse Brigitte Fontaine aux obsèques d’Alain Bashung en mars 2009.

Areski Belkacem et son épouse Brigitte Fontaine aux obsèques d’Alain Bashung en mars 2009. PATRICK KOVARIK / AFP

Proche de Jacques Higelin, ce génial touche-à-tout a consacré sa vie à la musique et à sa compagne. Il est mort le 1er juin à l’âge de 86 ans.

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Musicien inclassable, chercheur inlassable, compositeur et collaborateur de Brigitte Fontaine pendant plus de 50 ans, Brigitte Fontaine parlait de lui avec autant de délicatesse que de férocité. La chanteuse l’avait rencontrée

Il était né en 1940 à Versailles, où ses parents tenaient un restaurant kabyle où se rassemblaient souvent des musiciens algériens. « À la maison, les vedettes d’après-guerre, les vieux briscards du chaâbi, venaient jouer chez mes parents » Il a souvent accès au Cyrano, la salle de cinéma de la ville où les vedettes répètent avant leur passage à l’Olympia de Paris. C’est là qu’il croise Jacques Brel, Édith Piaf et les Beatles. Multi-instrumentiste il commence à jouer dans les bars, et touche déjà un peu au théâtre. Il écume les caves de Saint-Germain-des-Prés et prête ses services à diverses formations. Mais c’est sa rencontre avec Jacques Higelin, au service militaire, qui va changer le cours de son destin et l’encourager à vivre de la musique.

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Les deux hommes enregistrent l’album Higelin et Areski ensemble, puis Jacques Higelin présente son amie Brigitte Fontaine à Belkacem en 1969. Areski et elle commencent par être collaborateurs, d’abord au théâtre avec Niok, un spectacle en partie improvisé, puis en musique. Ils enregistrent le génial et novateur Comme à la radio, accompagnés par l’Art Ensemble of Chicago, après l’avoir donné au Théâtre du Vieux Colombier. La puissance de l’écriture de Brigitte Fontaine trouve un écrin idéal dans les musiques d’Areski.

Libertaire, audacieux, passionnant

À partir de là, ils ne cesseront plus Jamais de collaborer. Toujours sur le label Saravah de Pierre Barouh, Areski enregistre le premier de ses quatre albums solo, Un beau matin, qui sera suivi par Le triomphe de l’amour en 2010 et Long courrier en 2025. Trois disques seulement : l’homme effectuera l’essentiel de sa carrière avec celle qui deviendra son épouse, Brigitte Fontaine. Ensemble, ils conçoivent une série d’albums en duo. Audacieux, libertaires, passionnants, ceux-ci constituent la bande-son d’une décennie (les années 1970) marquée par l’engagement. Je ne connais pas cet homme, l’incendie, le bonheur, vous et nous, les églantines sont peut-être formidables éclaboussent leur époque. Ces albums culte, devenus de véritables objets de collection, n’en finissent pas d’être découverts par les nouvelles générations qui les trouvent désormais sur les plateformes.

Les années 1980 seront plus difficiles pour le couple, qui se consacre alors davantage au théâtre. Ils orchestrent le retour de Brigitte Fontaine chanteuse avec French Corazon, qui ne sort qu’au Japon mais engendre le tube Le nougat. Non content de composer les chansons de sa muse, Areski l’accompagne souvent au chant et toujours sur scène, la plupart du temps aux percussions, solaire et habité. Outre son épouse, Areski a travaillé pour Barbara, Georges Moustaki ou Sapho. L’homme s’est consacré également à la musique de film avec son fils Ali, tout en renouant régulièrement avec le théâtre. Actif jusqu’au bout, il décède un an pile après la sortie de son ultime album, Long courrier. Puisse-t-il faire un beau voyage...

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