Sorti en 1971 en France, dernier western de la carrière de Sergio Leone, Il était une fois la révolution, diffusé ce lundi 1er juin 2026 à 20h55 sur arte, est souvent éclipsé par les autres classiques du cinéaste italien. Cette fresque révolutionnaire mérite pourtant plus de visibilité auprès du public et je vous dis pourquoi !
Pour le grand public, la carrière de Sergio Leone se résume souvent à trois monuments : Le Bon, la Brute et le Truand, Il était une fois dans l'Ouest et Il était une fois en Amérique. Des chefs-d'œuvre si imposants qu'ils ont presque écrasé le reste de sa filmographie. Coincé entre ces deux derniers mythes, Il était une fois la révolution demeure ainsi le grand oublié du maestro italien... à mon grand désespoir !
Pourtant, le paradoxe est immense. Le film, diffusé ce lundi 1er juin 2026 à 20h55 sur arte, est en effet un succès public à sa sortie, en France et en Italie, réunissant respectivement 4.7 millions et 6 millions de spectateurs.
Mais il a progressivement été relégué dans l'ombre par les autres fresques léoniennes. Peut-être parce qu'il est plus rugueux et pessimiste. Plus chaotique aussi, notamment dans sa fabrication.
En effet, Sergio Leone n'était pas censé le réaliser au départ. Des cinéastes comme Peter Bogdanovich ou Sam Peckinpah (La horde sauvage) furent envisagés avant que le cinéaste italien ne reprenne finalement le projet en main.
Malgré cette production mouvementée, Il était une fois la révolution demeure à mes yeux un western de référence absolue. Sur le papier, l'histoire tient ainsi du buddy movie révolutionnaire.
Au Mexique, en pleine révolution de 1913, Juan Miranda, bandit mexicain croise la route de John Mallory, un ancien militant irlandais spécialiste des explosifs. Le premier rêve de braquer une banque, le second fuit un passé hanté par la trahison et la culpabilité. Ensemble, ils vont devenir malgré eux des figures révolutionnaires.
Sergio Leone dynamite le mythe révolutionnaire dans ce western grandiose
C'est justement ce qui rend Il était une fois la révolution si fascinant encore aujourd'hui. Là où beaucoup de westerns transformaient la révolution en aventure romanesque, Sergio Leone livre un regard beaucoup plus amer. Son film parle surtout des rêves brisés, et de violence et de l'absurdité des conflits politiques.
Ce ton plus pessimiste et cette forte dimension politique peuvent expliquer pourquoi le film est resté dans l'ombre des autres œuvres du réalisateur. Le public retient plus facilement les grands duels iconiques du Bon, la Brute et le Truand ou la majesté d'Il était une fois dans l'Ouest. Et puis, il y a ce duo immense : Rod Steiger et James Coburn, sans qui le film n'aurait certainement pas la même saveur.
Bien sûr, Il était une fois la révolution n'est pas un film parfait. Son rythme parfois irrégulier peut dérouter et sa narration apparaît moins fluide que les précédents de Sergio Leone. Mais c'est aussi ce qui fait son charme. Derrière ce western politique se cache donc sans doute son projet le plus personnel, celui où il exprime le mieux sa vision désenchantée du monde.
Ce long-métrage apparaît finalement comme une œuvre essentielle dans la carrière du réalisateur. Un western immense, émouvant et profondément moderne, qui mérite largement d'être redécouvert par tous les amoureux de cinéma.

il y a 2 day
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