L’antenne du Centre Pompidou à Séoul critiquée pour son partenariat avec un géant de l'armement

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Le Centre Pompidou ouvre, jeudi 4 juin à Séoul, sa troisième antenne à l'étranger, avec une exposition inaugurale sur le cubisme. Mais ce premier jour d'ouverture au public a été marqué par une manifestation dénonçant sa collaboration avec le conglomérat sud-coréen Hanwha.

Le musée français, qui a fermé ses portes pour cinq années de travaux en France, développe ses partenariats à l'étranger.

Mais le choix de Hanwha fait polémique. En cause, le géant coréen de l'armement travaille notamment depuis 2021 avec des entreprises israéliennes de défense.

Une partie du musée est installée dans l'annexe de l'emblématique 63 Building (également appelé 63 Square), à Yeouido, quartier financier de la capitale sud-coréenne, et l'ouverture au public coïncide précisément avec le jour du 140ᵉ anniversaire du traité d'amitié franco-coréen.

Décrit comme une "boîte à lumière" par son architecte, le Français Jean-Michel Wilmotte, le Centre Pompidou Hanwha accueillera chaque année derrière sa façade en verre translucide deux grandes expositions fondées sur les collections moderne et contemporaine du musée parisien.

Des artistes dénoncent l'"art washing"

Des dizaines de visiteurs se pressaient jeudi à l'ouverture à l'extérieur, a constaté un journaliste de l'AFP, tandis qu'au moins une trentaine de Sud-Coréens manifestaient devant le musée pour fustiger la collaboration au projet du groupe Hanwha.

En France aussi, des voix se sont élevées pour dénoncer le partenariat avec cet acteur majeur des systèmes de défense. Les détracteurs l'accusent d'être impliqué dans la production et la fourniture d'équipements militaires utilisés par Israël, remettant en cause la légitimité d'un mécénat lié à un marchand d'armes.

Dans une tribune publiée dans le quotidien français Libération, un collectif d'artistes et d'intellectuels avait appelé au boycott du musée, le syndicat Sud dénonçant de son côté "l'art washing" de l'industrie de l'armement et exigeant la fin du partenariat.

"Nous dénonçons la transaction que ces politiques imposent à la culture : en échange du financement de l’art, les institutions blanchissent l’image d’acteurs néfastes. Le partenariat Hanwha-Centre Pompidou en est un triste exemple, puisque la galerie occupera une extension neuve du 63 Square, siège actuel de l’entreprise coréenne", expliquent ces artistes. "Ironie sinistre, l’exposition inaugurale portera sur le cubisme, avec des œuvres notables de Pablo Picasso et de Georges Braque, dont nous rappellerons l’engagement contre la guerre."

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Séoul devient la troisième antenne du Centre Pompidou à l'étranger, après Malaga en Espagne et Shanghai en Chine. Le déploiement international du musée se poursuivra dès novembre avec l'ouverture attendue, à Bruxelles, de sa nouvelle branche européenne.

À Séoul, le musée consacrera sa saison 2026-2027 à Marc Chagall, Vassily Kandinsky, ainsi qu'à Henri Matisse et au fauvisme, avant la première grande rétrospective consacrée à Constantin Brancusi en Corée du Sud.

Avec AFP

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