INTERVIEW. Ce mercredi 3 juin à partir de 21h10, RMC Découverte diffuse le premier numéro de Monster Garage, la nouvelle émission incarnée par Vincent Lagaf'. Pour Télé-Loisirs, l'animateur de 66 ans dévoile les coulisses de ce programme inédit.
Les fans de mécanique vont vrombir de plaisir. Vincent Lagaf', l'une des figures des chaînes du groupe RMC-BFM depuis 2022, est à la tête d'un nouveau programme. Baptisé Garage Monster, ce divertissement inédit en France est une adaptation d'un format américain du même nom. Son concept : à l'aide de deux experts et d'une équipe de mécanos, le présentateur a cinq jours et deux mille euros pour transformer un véhicule ordinaire en monstre d'acier.
Dans le premier numéro, leur objectif sera de métamorphoser une limousine Lincoln en base nautique mobile capable de transporter 4 jet-skis et de les mettre à l’eau. L'émission débarque ce mercredi 3 juin à partir de 21h10 sur RMC Découverte. Pour Télé-Loisirs, l'animateur du Bigdil — le jeu culte bientôt diffusé en quotidienne sur RMC Story — vous en dit plus sur les coulisses du programme.
"L'émission n'est pas réservée qu'à une élite machiste" : Vincent Lagaf' à la tête de Monster Garage, un nouveau format dédié à la mécanique sur RMC Découverte
Télé-Loisirs : Comment est né ce projet ?
Vincent Lagaf' : J'étais fan de la version américaine avec Jesse James. Comme j'ai toujours été bricoleur, j'ai proposé à RMC qu'elle rachète les droits. Stéphane Sallé de Chou, le patron du pôle Entertainment RMC BFM, a accepté, mais plutôt que de faire un copié-collé du format original.
J'ai choisi d'apporter une touche conviviale en réunissant quatre mécaniciens qui ne se connaissent pas dans un atelier pour relever un défi de taille : transformer une limousine en base de jet-ski. Ça rassemble mes deux passions : la mécanique et le jet-ski. On s'est bien amusé, c'était un pur bonheur !
Est-ce un programme s'adresse-t-il uniquement aux passionnés de mécanique ?
Comme pour SOS Garage, cette nouvelle émission dépasse la simple mécanique. Monster Garage n'est pas réservé qu'à une élite machiste de mécanos avec du poil aux pattes.
Nous souhaitons parler à un public large, notamment les femmes et les non-initiés. Pour cela, nous misons sur l'humain, la solidarité et l'aventure amicale. Mon but est de partager ma passion avec le plus grand nombre.
À quoi ressemblait une journée type sur le plateau ?
Nous n'avions pas d'horaires fixes. Généralement, nous étions prêts à tourner dès 8-9 heures et ce qui est sûr, c'est que les journées de 8 heures n'existaient pas. On travaillait souvent jusqu'à 21 heures. Il est même arrivé qu'on finisse à minuit.
C'est une émission dans laquelle il faut donner de sa personne, s'adapter au suspense du défi et mettre les bouchées doubles pour réussir. L'enjeu est de taille : s'ils échouent, le véhicule finit à la presse. En cas de succès, le bonheur fait disparaître la fatigue et les blessures.
Comment avez-vous rencontré Jean-Claude et Pascal, les deux experts qui vous accompagnent ?
Jean-Claude est un as de la débrouille avec qui j'ai partagé 30 ans de rallye-raid. Grâce à lui, nous ne sommes jamais restés en panne dans le désert. C'est un passionné fiable avec qui je forme une vraie équipe de terrain.
Pascal, lui, je le connais depuis la première version du Bigdil sur TF1. Il gérait avec son frère un garage près de chez moi où je faisais entretenir mes voitures. C'est devenu un ami. Quand j'ai cherché un nouveau comparse, son authenticité m'a séduit. Il se moque de la télé. Son truc, c'est de relever des défis, avec ou sans caméras.
Quelle a été votre plus grosse galère lors du tournage et que l'on ne voit pas à l'écran ?
Il y a un moment où l'on a cru qu'il allait falloir tout annuler. Pour immerger la limousine sans polluer la mer, il a fallu déplacer le réservoir d'essence sur le siège passager. Pendant la manipulation, la pompe à essence a claqué. On s'est dit "C'est mort !".
Pour sauver le défi, j'ai pensé à une vieille pompe de jet-ski dans mon propre garage à 30 km du tournage. Michel, mon assistant depuis 25 ans, est allé la chercher. C'est grâce à ce système D qu'on a pu réalimenter le moteur et réussir le challenge à temps.
"Ça a été mon plus grand bonheur" : avec près de 40 ans de télé, Vincent Lagaf' se confie sur la période de sa carrière qu'il a le plus aimée
Avant d'être animateur, vous avez été oxycoupeur d'épaves. Quel effet cela vous fait-il de ressortir vos vieux réflexes pour les besoins de l'émission ?
C'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas. Remettre un masque et faire les présoudures pour les professionnels était vraiment plaisant. Sans être ému, je me suis revu 40 ans en arrière en train de découper des morceaux de ferraille.
Je me suis dit que ce que j'avais appris à l'époque me servait encore aujourd'hui. Et puis, mine de rien, c'est la soudure qui m'a amené dans le show-business.
Pourquoi ?
Mon parcours s'est dessiné de fil en aiguille. J'ai débuté dans la mécanique et la soudure agricole, avant de rejoindre la mécanique chez les pompiers. Je suis ensuite devenu découpeur de métaux, faute de pouvoir faire de la soudure sous-marine à cause d'un problème pulmonaire.
Cette activité m'a mené sur une plage du Club Med, puis directement dans le show-business. Le succès m'a alors permis d'acheter une casse automobile où j'ai pu renouer avec mes premières passions : la découpe et la mécanique.
Qu'avez-vous prévu pour le prochain numéro ?
Pour le second épisode, on va tourner encore plus près de chez moi, à Cogolin (Var), chez une équipe de bikers. Il faudra transformer une Harley Davidson en un prototype d'un autre monde. Je ne vous en dis pas plus.
En 2027, vous fêterez vos 40 ans de télévision. Avec le recul, quel regard portez-vous sur votre carrière ?
Quand je regarde mon parcours, de l'assistance publique à mes graves problèmes de santé [l'animateur a subi un quintuple pontage cardiaque en 2025, NDLR], je me surprends moi-même. Pourtant, la télévision n'est pas ce que j'ai préféré.
C'est le seul-en-scène qui a été mon plus grand bonheur artistique. Mes 10 ans de one-man-show m'ont permis de transformer mes émissions comme Le Bigdil, Le Juste Prix, L'or à l'appel en véritables spectacles. La règle du jeu devenait presque accessoire. Notre but absolu était de faire de faire les imbéciles et d'amuser le public, grâce aux réflexes de la scène.

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