Notre critique de Ça va, ça va aux Bouffes parisiens : la promenade de santé de Camille Chamoux

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Avec Ça va, ça va, Camille Chamoux livre un spectacle très écrit.

Avec Ça va, ça va, Camille Chamoux livre un spectacle très écrit. Jean-Louis Fernandez

CRITIQUE - L’humoriste passe au crible tous les facteurs susceptibles de nous plonger dans la déprime. Un spectacle drôle qui fait du bien.

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Le pianiste Pascal Sangla (en alternance avec Gabriel Mimouni) fait son entrée en peignoir et chaussons. Désinvolte, il avale une gorgée d’eau, pianote quelques notes pour la forme. En robe de chambre blanche à la façon de ces actrices de films en noir et blanc, Camille Chamoux le rejoint en fumant une cigarette. « Je suis une quadragénaire blanche, occidentale, socialement privilégiée », répète l’humoriste dans ce nouveau spectacle très écrit. Plus tard, elle apparaît telle une meneuse de revue du Moulin rouge, avec un petit truc en plume rose sur un short doré assorti à ses talons. Après Née sous Giscard, L’esprit de contradiction et Le temps de vivre (Molière de l’humour en 2022), cette observatrice attentive de notre société s’épanche sur sa santé. Physique et mentale.

Elle prend le public à témoin ou, au besoin, son psychologue, voire son psychiatre. Camille Chamoux raconte qu’elle s’est toujours portée comme un charme et se croyait immortelle avant une rupture de ligament croisé. Immobilisée pendant plusieurs semaines, elle a commencé à se poser des questions, à s’inquiéter sur l’aspect éphémère de l’existence et l’inéluctabilité de la fin. « Comment ça va ? » « Tant qu’on a la santé. » Quelle réponse ! Elle a eu le temps d’étudier le sujet et passe au crible tous les facteurs susceptibles de sombrer dans la déprime. À commencer par la famille, en particulier les parents, puis les enfants - Camille Chamoux en a deux - sans oublier le couple.

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Une séance « feel good »

Quoi de mieux que de parler des sujets qui nous concernent ? Son compagnon, Patrick Cassir, le réalisateur libano-grec - la précision est utile -, de la comédie Tout va super (sortie le 27 mai) n’est pas épargné. La vie à deux n’est pas de tout repos. Nicole, sa belle-mère déjà évoquée dans ses précédents spectacles, est de retour. L’occasion de scènes pleine de tendresse. Comme Alex Vizorek, la comédienne de 48 ans sait faire rire en parlant de la maladie et de la mort. Propose même des solutions pour continuer à aller de l’avant. Compare l’homme à un cafard, le cerveau en moins.

Après avoir privilégié des solos intimistes, elle s’est entourée d’un musicien, d’une comédienne (formidable Florence Muller) et d’invités surprise. Comme si elle proposait une « Feel Good » séance de thérapie collective. Mise en scène par Cédric Moreau et éclairée par Nicolas Marie, Camille Chamoux n’oublie pas de jouer avec talent la mère excédée ou le professeur Axel Kahn. « Carpe diem », conseille-t-elle. La salle est aux anges. Sa prescription devrait être remboursée par la sécurité sociale.

« Ça va, ça va », au Théâtre des Bouffes parisiens (Paris 2e), jusqu’au 20 juin. bouffesparisiens.com

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