Notre critique de L’Affaire Zanetti : Roschdy Zem face à l’énigme du mal

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Roschdy Zem et Barbara Ronchi dans le film de Leonardo Di Costanzo L’Affaire Zanetti

Roschdy Zem et Barbara Ronchi dans le film de Leonardo Di Costanzo L’Affaire Zanetti capture affiche

CRITIQUE - Le réalisateur italien Leonardo Di Costanzo signe un drame d’une grande finesse, tiré d’un fait réel, qui explore moins le crime que les fissures de l’âme. Avec des acteurs au sommet.

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Au cœur d’une prison féminine de haute sécurité, nichée en Suisse au cœur d’un paysage montagneux neigeux et presque monacal, un professeur d’université (Roschdy Zem) vient interroger Elisa Zanetti (Barbara Ronchi), détenue depuis dix ans pour le meurtre de sa sœur. Munie d’un petit enregistreur portatif, sa visite obéit d’abord à un protocole universitaire. Mais progressivement, le dialogue entre ces deux-là se charge d’une intensité singulière, comme si la quête de connaissance se transformait en face-à-face avec l’inavouable.

Une nouvelle fois, Roschdy Zem impressionne par sa profondeur et sa densité, en professeur Alaoui, criminologue de renom qui vient rouvrir le dossier d’Elisa Zanetti dans le drame tiré d’un fait réel signé Leonardo Di Costanzo. L’acteur du commissaire Daoud dans Roubaix, une lumière d’Arnaud Desplechin (rôle qui lui valut le César du meilleur acteur en 2020) compose un personnage mesuré, attentif, presque effacé, mais dont chaque mot semble porter le poids d’une interrogation morale plus vaste.

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Atmosphère du Silence des agneaux

Face à lui, Barbara Ronchi impose une présence formidable, toute en intensité contenue, en tension intérieure, en fragilité sourde. Leur affrontement à fleurets mouchetés (qui n’est pas sans rappeler à certains moments celui du Silence des agneaux ) devient peu à peu un jeu de chat et de souris d’une redoutable subtilité, où chaque échange laisse affleurer les zones obscures de la pulsion meurtrière, la culpabilité, le déni et, peut-être aussi, le désir d’une rédemption secrètement espérée.

Le film trouve également sa force dans cette manière très retenue d’aborder l’incommunicabilité du mal. Di Costanzo ne cherche jamais l’effet spectaculaire, il préfère laisser parler les silences, les hésitations, les reprises, les résistances. Ce que le récit met en place ressemble à une psychanalyse en sourdine, voire à une confession religieuse qui ne dit pas son nom. Derrière la froideur apparente de l’enquête, se profile une question essentielle : qu’est-ce qui pousse un être humain à commettre l’irréparable, et comment continuer à vivre une fois qu’on l’a commis ?

Sombre et subtil

Lorsque l’héroïne demande au professeur : « Qu’est-ce qui vous motive à rencontrer des gens comme moi ? », la réponse de Roschdy Zem éclaire tout le film : il refuse que quelqu’un soit réduit au seul acte qui l’a condamné. C’est là que L’Affaire Zanetti touche juste : dans sa croyance en la complexité des êtres, dans son refus d’un jugement sommaire, dans sa capacité à faire surgir une lumière au cœur même de l’ombre.

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Avec L’Affaire Zanetti, le réalisateur italien de L’intervallo (2012) signe un drame d’une grande finesse, qui explore moins le crime que l’énigme du mal et les fissures de l’âme humaine. Sombre, subtil et d’une grande tenue cinématographique, le film avance avec une sobriété remarquable, porté par deux interprètes au sommet.

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