Le premier vol vers la Lune depuis un demi-siècle s’est achevé sans encombre cette nuit avec l’amerrissage de la capsule Orion dans le Pacifique. Après des années de retard et de doutes, la Nasa peut souffler.
Il restait une ultime étape à leur périple historique, et pas des moindres : le retour sur Terre. Les quatre astronautes d’Artemis II — Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen, ont amerri ce samedi peu après 2 heures du matin (heure française), dans le Pacifique, après une rentrée périlleuse dans l’atmosphère.
« Houston, ici Integrity. Nous vous entendons parfaitement », a annoncé le commandant Reid Wiseman après avoir passé la phase la plus périlleuse de la replongée dans l’atmosphère à plus de 30 fois la vitesse du son.
La Marine américaine les a ensuite récupérés afin de les ramener à terre, selon un protocole qui n’a pas changé depuis Neil Armstrong.
Soulagement pour les familles des astronautes, ce retour sain et sauf fournit à la Nasa un succès incontestable après des dizaines de milliards de dollars, des années de retard et beaucoup de doutes sur l’intérêt de relancer la conquête lunaire.
Quelques heures avant, un ultime allumage moteur les avait placés sur une trajectoire « nominale », comme on dit dans le jargon spatial, pour pénétrer de manière contrôlée dans l’atmosphère. Contrôlée… mais extrêmement rapide, car contrairement aux astronautes revenant de l’ISS, Orion venait de l’espace lointain.
Une vitesse de 40 000 km/h
Pénétrant l’atmosphère à 40,000 km/h, les astronautes n’étaient protégés du plasma incandescent enveloppant immédiatement leur vaisseau que par un bouclier thermique dont certains observateurs pointaient la fragilité. Plusieurs experts avaient même publiquement demandé le report du vol.
Mais cette mission de dix jours s’est donc déroulée jusqu’au bout avec une exécution parfaite. La Nasa peut être soulagée d’avoir réussi à renvoyer des astronautes loin dans l’espace, pour la première fois depuis la fin du programme Apollo en 1972, après des années de retard et de doutes.
Et maintenant ? « Nous avons beaucoup de choses auxquelles réfléchir et à écrire dans nos journaux afin de prendre pleinement conscience de ce que nous venons de vivre », a confié Reid Wiseman sur le trajet du retour… « L’esprit humain n’est pas fait pour traverser ce que nous venons de vivre », avait-il même lancé mercredi soir.
Une première historique
L’équipage qui s’est aventuré plus loin dans l’espace qu’aucun autre avant lui, à 406,771 km de la Terre, était le premier à destination de la Lune comprenant une femme (Christina Koch), un astronaute noir (Victor Glover) et un non-Américain (le Canadien Jeremy Hansen). Ensemble, les quatre membres d’équipage ont réalisé lundi le premier tour de la Lune en plus d’un demi-siècle, et observé à cette occasion un coucher et un sublime coucher de Terre, ainsi qu’une éclipse solaire, immortalisant ces phénomènes.
Ce vol réussi, qui doit être complété par une autre mission intermédiaire en 2027, ouvre la voie à un retour sur le sol lunaire en 2028. À plus long terme, la suite est plus floue, la Nasa ayant modifié en profondeur le programme Artémis, en annulant le projet de station en orbite lunaire.












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