Par Clara Gaume Le Bars avec AFP
Le 3 juin 2026 à 17h05
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Le réalisateur allemand reconnaît aujourd’hui qu’il aurait dû mieux protéger Nastassja Kinski. Il lui avait fait tourner en 1975 une scène de nudité dans Faux Mouvement. L’actrice réclamait depuis plus de dix ans son retrait.
Passer la publicité Passer la publicitéLe réalisateur allemand a annoncé retirer de la diffusion son film, Faux Mouvement, après les demandes répétées de Nastassja Kinski. Depuis une dizaine d’années, l’actrice réclame la suppression d’une séquence qu’elle juge inappropriée et traumatisante.
Issue du film réalisé en 1975 de Wim Wenders, elle montre Nastassja Kinski, alors âgée de 13 ans, allongée sur un lit, seins nus, vêtue d’une culotte d’enfant rose. Une séquence brève mais fortement sexualisée montre qu’un homme s’allonge sur elle, la gifle puis lui caresse le visage.
« Je constate aujourd’hui que Nastassja Kinski aurait dû être mieux protégée », déclare le cinéaste dans un communiqué, présentant ses excuses. Interrogé sur cette scène, Wim Wenders avait déjà reconnu, qu’il ne la tournerait plus de la même manière. « Je ne referais jamais ça aujourd’hui », a-t-il déclaré à Berlin le 29 mai lors d’un gala de l’Académie allemande du cinéma, où il a reçu un prix d’honneur.
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Le cinéaste de 80 ans, auteur notamment de Paris, Texas (1984) et Les Ailes du désir (1987), invoquait alors l’évolution des normes : « J’en sais plus aujourd’hui, beaucoup plus. Les sensibilités ont changé ; nous vivons dans un monde complètement différent d’il y a cinquante ans. »
La Fondation Wim Wenders, qui détient les droits d’exploitation du film, va entamer un «large dialogue» avec les institutions cinématographiques allemandes pour trouver «des modes de traitement appropriés pour les œuvres cinématographiques controversées du XXe siècle», annonce Wim Wenders dans son communiqué. «Ce n’est qu’une fois ce processus mené à bien, même s’il prend beaucoup de temps, et lorsque nous aurons pu présenter une solution acceptée par toutes les parties, incluant Nastassja Kinski, que nous rendrons à nouveau le film disponible», ajoute-t-il.
Une relecture contemporaine des conditions de tournage
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de relecture des conditions de tournage passées, notamment concernant les mineurs et les scènes à connotation sexuelle. Les débats autour du consentement et des rapports de pouvoir dans le cinéma ont été amplifiés par le mouvement #MeToo.
L’actrice évoque avoir ressenti un profond malaise dès le tournage : « Même si, à 13 ans, je ne savais pas grand-chose, je savais déjà que ce n’était pas normal », a-t-elle confié, au quotidien Süddeutsche Zeitung publié le 23 mai. L’affaire prend une résonance particulière au regard du parcours personnel de Nastassja Kinski, qui a décrit en 2013 son père Klaus Kinski comme un « tyran » et affirmé qu’elle aurait cherché à le faire condamner s’il était encore en vie. Ces déclarations faisaient écho aux accusations de violences sexuelles portées par sa demi-sœur.

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