Tenter le tout pour le tout. Par le biais d'un communiqué publié mardi 2 juin, l'administration américaine a annoncé envisager l'augmentation des droits de douane de 10 à 12,5 % sur les importations de 51 pays en représailles d'un laxisme envers la pratique du "travail forcé". Donald Trump les accuse de ne pas lutter suffisamment contre le commerce de biens réalisés sous la contrainte et d'impacter leur économie.
Pour en conclure de telles accusations, le bureau du représentant américain au Commerce (USTR), Jamieson Greer, s'est appuyé sur la disposition de loi Section 301 qui autorise le gouvernement à enquêter et à imposer des taxes douanières ainsi que d'autres mesures commerciales punitives à des pays ayant recours à des pratiques jugées "déloyales". La décision n'a pas encore été confirmée. Elle est d'abord soumise à consultation jusqu'à début juillet et des auditions publiques seront organisées à Washington à partir du 7 juillet.
Entre 10 et 12,5 % de surtaxe
Selon le rapport de 98 pages produit par l'étude, pas moins de 45 législations étrangères ne respectent pas l'interdiction du travail forcé et de l'importation des biens fabriqués dans le cadre de cette pratique. Parmi elles, l'Algérie, l'Australie, la Chine, le Japon ou encore Israël. Pour ces pays, la punition pourrait être une surtaxe de 12,5 %.
Si le Canada, l'Équateur, l'Union européenne, l'Indonésie, le Mexique et le Pakistan s'en sortent un peu mieux, l'étude juge toutefois qu'elles n'arrivent pas à "faire respecter efficacement l'interdiction d'importer des marchandises produites par le travail forcé". Dans le détail, le Canada ne ferait pas appliquer ses lois. Concernant l'UE, l'interdiction généralisée de biens issus d'un travail forcé n'entrerait en vigueur qu'en décembre 2027. En attendant, le partenaire européen ne serait pas exempté de la menace d'une surtaxe de 10 %. Elle pourrait même être imposée au Royaume-Uni, dont l'interdiction du travail forcé est jugée partielle.
L'obsession de Donald Trump
L'Union Européenne s'est offusquée d'une telle annonce appelant les États-Unis à respecter l'accord tarifaire de Turnberry signé le 27 juillet de l'année dernière en Écosse. En mars 2025 déjà, le président des États-Unis fraîchement réélu, avait annoncé une hausse de la facture pour plusieurs pays, dont certains de ses principaux partenaires comme l'Union européenne. Passés de 20 à 30 %, c'est finalement le taux de 10 % qui avait été retenu sur les produits européens exportés vers les États-Unis. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et Donald Trump s'étaient mis d'accord pour la mise en place d'une taxe "tout compris" plafonnée à hauteur de 15 %.
En février dernier, la plus haute juridiction américaine, la Cour suprême, avait invalidé la décision de Donald Trump d'augmenter les droits de douane, qu'elle avait qualifiée d'illégale et d'inconstitutionnelle. Agacé, le président avait répondu par la mise en place d'une nouvelle taxation, de nouveau jugée illégale par le tribunal de commerce américain le 7 mai. Selon des documents consultés par l'AFP, un juge de la Cour suprême aurait même requis le remboursement des frais engagés par les entreprises taxées selon les droits de douane jugées illégaux. La somme à débourser pourrait s'élever jusqu'à 166 milliards de dollars. Toujours selon nos confrères, le gouvernement américain a fait appel mardi 2 juin.

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