Opinion. Les régimes autoritaires n'ont pas d'action coordonnée. Mais chacun contribue au même résultat : délégitimer la presse libre, affaiblir les contre-pouvoirs, normaliser la brutalité d'État.
Publié le 01/06/2026 à 07:30
Le président américain Trump tente de décrocher un accord avec l'Iran.
REUTERS
Depuis presque dix ans, j’ai la chance de participer à un séminaire annuel sur les relations transatlantiques. Organisée par la LSE, l’Université de Georgetown, et l’Institut Universitaire Européen, cette rencontre permet à plusieurs générations de chercheurs de partager leurs recherches – et leurs craintes. Cette année, nous avons discuté de ce qui disparaît : l'ordre mondial issu de 1945, avec ses institutions, ses normes, ses paris sur la coopération entre démocraties.
Selon un article récent de Foreign Affairs, nous sommes entrés dans l'ère de ce qu'on pourrait appeler l'"internationale illibérale" — une nébuleuse de gouvernements autoritaires, partis antisystèmes et réseaux privés qui coopèrent à géométrie variable pour faire reculer la démocratie libérale. Les chiffres donnent le vertige. En 2025, 45 pays sont en recul démocratique. Seuls 29 peuvent encore être qualifiés de démocraties complètes. Et depuis 1994, sur 19 pays ayant connu un retour démocratique après une période autoritaire, 17 ont rechuté dans les cinq ans.

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