Une menace systémique, voilà en quels termes les médecins libéraux parlent de la pollution de l’eau du robinet aux pesticides, PFAS (ou polluants éternels) et autres microplastiques.
Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre et aux ministres de la Santé et de la Transition écologique, la Conférence nationale des Unions régionales des professionnels de santé-médecins libéraux (CN URPS-ML) alerte quant à un « enjeu majeur de santé publique trop souvent minimisé ».
Des conséquences sanitaires potentiellement considérables
Les médecins écrivent ainsi que la pollution de l’eau potable « constitue une menace systémique, insuffisamment encadrée, aux conséquences sanitaires potentiellement considérables ». Car si officiellement 87 % des réseaux sont déclarés conformes en 2026, « la réalité est plus préoccupante : 19 millions de Français, soit 30 % de la population, auraient consommé une eau non conforme au moins une fois en 2024 », déplore la Conférence nationale des URPS-ML. Elle ajoute que trois familles de polluants sont particulièrement préoccupantes :
- Les PFAS, des « polluants éternels », qu’elle estime sous-surveillés (20 substances surveillées sur 4 000 à 15 000 existantes) ;
- les pesticides auxquels 14 millions de Français sont exposés ;
- les microplastiques – « une contamination omniprésente et sous-estimée avec 413 particules par litre dans l’eau du robinet », déplore encore l’organisation.
L’ennui, c’est que les risques pour la santé humaine sont réels et de plus en plus documentés : perturbation du système hormonal, nerveux et immunitaire, « avec développement des pathologies cardiaques et cancéreuses, des troubles hormonaux et neurodégénératifs ainsi que de l’hypofécondité », préviennent les médecins.
Un appel à revoir la réglementation
La CN URPS-ML en appelle donc aux autorités, les exhortant à faire évoluer la réglementation (élargir les substances surveillées, améliorer les systèmes de filtration de l’eau etc.), et à favoriser davantage le développement de l’agriculture biologique, qui n’utilise pas de pesticides de synthèse.
« Nous l’avions dit pour le cadmium : nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Nous le redisons pour l’eau potable. L’heure n’est plus aux études supplémentaires : l’heure est au courage des solutions », a conclu le Dr Meyvaert, Coordinateur du Groupe de Travail Santé Environnementale de la CN URPS-ML, dans le communiqué (Source 1). Reste à savoir si cet appel sera entendu et si le gouvernement donnera suite rapidement.

il y a 1 day
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